La CAN 2025 s’est terminée comme un film trop nerveux : tension, contestations, scènes chaotiques… puis le Sénégal champion au bout de la prolongation. Sauf qu’avant même le premier duel, les Lions ont perdu des hommes : Crépin Diatta, Pape Matar Sarr et Ousseynou Niang n’étaient pas là au coup d’envoi, et des témoignages rapportés dans la presse évoquent un malaise les ayant envoyés à l’hôpital. À partir de là, le football n’est plus seulement une histoire de tactique : quand des joueurs finissent à l’hôpital la veille ou l’heure d’une finale, le soupçon s’invite, et les réseaux s’emballent.
C’est précisément ici que la compétition doit être protégée de l’irrationnel. Parler d’“empoisonnement” sans élément vérifié, c’est fabriquer une bombe morale : ça fracture les supporters, ça salit une victoire, ça met de l’huile sur un feu déjà allumé par les polémiques du match. Mais faire comme si de rien n’était, c’est pire : on ne laisse pas une finale se refermer sur des joueurs hospitalisés et une rumeur qui enfle. La vérité doit être simple, factuelle, médicale : qu’ont-ils eu ? Quelle est l’origine du malaise ? Quel protocole a été appliqué ? Tant que ces réponses manquent, la CAN laisse une zone grise — et la zone grise, dans le football moderne, devient toujours un poison.
Alors oui, il faut dénoncer. Pas un peuple, pas une nation : l’opacité. La CAF doit publier un point clair (même minimal) : état de santé des joueurs concernés, nature du problème (intoxication alimentaire ? virus ? déshydratation ?), et mesures de prévention autour de la restauration et des accès. Et si le moindre signal suspect existe, alors on ne “gère” pas ça en coulisses : on enquête (traçabilité des repas, prélèvements si nécessaire, chaîne de contrôle), avec un message net : en Afrique aussi, la santé des joueurs est sacrée. Parce qu’une finale se gagne sur une pelouse — jamais dans l’ombre.