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Credit Photo : Getty Images
Afolabi B.,
14 Oct 2026 à 17:00

Le trafic illicite de tramadol place l’Afrique de l’Ouest et centrale au centre d’un marché mondial préoccupant. Selon les données de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), environ 90 % des saisies mondiales de tramadol ont été enregistrées dans ces deux régions entre 2015 et 2023. Ce médicament opioïde, utilisé contre certaines douleurs, fait l’objet d’un détournement vers des circuits illicites, où il peut être consommé sans contrôle médical. Les chiffres témoignent de l’ampleur des interceptions, sans toutefois permettre, à eux seuls, de mesurer la totalité du trafic.

Derrière ces saisies se trouvent des circuits d’approvisionnement qui dépassent les frontières nationales. Les analyses de l’ONUDC indiquent qu’une part importante du tramadol présent sur les marchés illicites africains provient d’Asie du Sud. Une fois détourné de son usage médical, ce médicament expose les consommateurs à des risques, notamment de dépendance et de complications liées à une utilisation inadaptée. Le phénomène pose donc un défi aux autorités chargées de lutter contre les trafics, mais aussi aux professionnels de santé qui doivent distinguer l’usage thérapeutique du médicament de son utilisation non médicale.

L’enjeu ne se limite pas aux opérations de saisie. Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il faut aussi examiner les circuits d’importation, la distribution des comprimés et les conditions dans lesquelles ils sont consommés. Les données disponibles montrent que l’Afrique de l’Ouest et centrale restent des zones majeures du trafic de tramadol, mais elles ne suffisent pas à établir que les pénuries de médicaments expliquent à elles seules cette situation. La lutte contre le marché illicite nécessite donc de mieux documenter les réseaux d’approvisionnement, les usages et les conséquences sanitaires.

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