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Credit Photo : Getty Images
Afolabi B.,
13 May 2026 à 12:00
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Bassek Ba Kobhio n'est plus. Le cinéaste camerounais s'est éteint cette nuit à l'âge de 69 ans, emportant avec lui décennies de passion, de créativité et de détermination. Ce n'est pas qu'un réalisateur qui s'en va, c'est une voix, une vision, une manière particulière de raconter l'Afrique au monde. Depuis les années 1980, Bassek Ba Kobhio a forgé son cinéma en défi des convention, en résistance poétique. Ses films, vrais cris du cœur, ont traversé les frontières et touché les âmes en exil.

Un architecte du cinéma africain

Pour ceux qui l'ont connu, qui ont étudié ses œuvres dans les universités européennes ou américaines, Bassek Ba Kobhio était bien plus qu'un simple cinéaste. C'était un architecte qui avait construit les fondations d'un cinéma authentiquement africain. Des films comme "Le Grand Blanc de Lambaréné" ou "Quartier Mozart" ont non seulement raconté des histoires, mais ont posé des questions essentielles sur l'identité, la colonialité, l'humanité. Il refusait les formules toutes faites, dénonçait avec douceur mais fermeté les hypocrisies du système mondial. La diaspora africaine dispersée dans les grandes villes du monde voyait en lui un miroir, un frère qui parlait sans compromis.

Une vide immense pour la communauté africaine

Pour les jeunes cinéastes africains qui révaient, pour les étudiants en film à Paris, New York ou Bruxelles, Bassek était une inspiration constante, une preuve que l'on pouvait dire non aux formules occidentales imposées. Son absence laisse un vide que le continent sentira longtemps. Mais son héritage, lui, survit dans chaque film africain qui ose être différent, chaque histoire qui refuse de plaire à tout prix. Bassek Ba Kobhio nous a quittés, mais le cinéma africain continue sa lutte silencieuse pour exister, pour être vu, pour être entendu.

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