L'Afrique sous la loupe de Bruxelles. L'Union européenne maintient plusieurs pays africains sur sa liste des pays tiers à haut risque en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme — une classification qui impose aux banques, entreprises et investisseurs européens une vigilance renforcée sur toutes leurs transactions avec ces États.
La liste, alignée sur les travaux du Groupe d'action financière (GAFI), recense des pays considérés comme présentant des "carences stratégiques" dans leurs dispositifs de lutte contre les flux financiers illicites. Parmi les États africains encore concernés figurent l'Angola, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo, le Kenya et le Soudan du Sud. L'Algérie et la Namibie, elles, viennent d'obtenir leur sortie de la liste grise du GAFI lors de la réunion plénière de juin 2026. Unee bonne nouvelle qui devrait se concrétiser par leur retrait de la liste européenne, après validation par le Parlement et le Conseil de l'UE.
Le contraste avec d'autres pays africains est saisissant. En décembre 2025, l'UE avait retiré six pays du continent de cette liste : Mali, Tanzanie, Afrique du Sud, Burkina Faso, Mozambique et Nigeria, des pays ayant "remédié aux carences stratégiques recensées dans leurs dispositifs". Ces sorties successives montrent que la liste n'est pas une condamnation définitive, mais un outil de pression évolutif.
Les conséquences économiques, elles, sont bien réelles. L'inscription sur cette liste impose des procédures de due diligence renforcées sur chaque transaction impliquant ces pays, ce qui ralentit les flux bancaires transfrontaliers, complique l'accès aux financements internationaux et refroidit certains investisseurs étrangers. Pour des économies en développement déjà confrontées à de multiples défis, ce signal de Bruxelles pèse lourd et pas seulement symboliquement.