Le rêve ouest-africain prend forme. Réunie le 19 juillet 2026 à Lungi, en Sierra Leone, pour sa 69e session ordinaire, la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO a réaffirmé son engagement en faveur du lancement de l'ECO en 2027. Un signal fort envoyé aux marchés et aux partenaires financiers : le projet le plus ambitieux de l'intégration économique ouest-africaine n'est pas abandonné.
Les dirigeants ont tranché en faveur d'un déploiement progressif. Dans un premier temps, seuls les États remplissant les critères de convergence macroéconomique intégreront la monnaie commune dès son introduction. La conduite politique du dossier est désormais assurée par une Task Force présidentielle, dont la Guinée a rejoint les rangs lors de ce sommet. Une réunion de cette instance est prévue avant décembre 2026. Sur le plan technique, la marque ECO a été officiellement enregistrée auprès de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), un premier acte concret qui dépasse les simples déclarations d'intention.
Les défis restent néanmoins considérables. La question de l'implication du Nigeria, première économie de la région, ainsi que la position des pays de l'UEMOA, encore rattachés au franc CFA, demeurent des variables décisives pour la mise en œuvre concrète de l'ECO en 2027. Et la fracture sahélienne complique davantage l'équation : aucune précision n'a été donnée sur la place du Burkina Faso, du Mali et du Niger, qui ont quitté la CEDEAO tout en restant membres de l'UEMOA et utilisateurs du franc CFA.
Ce projet marquerait la naissance d'un espace monétaire de près de 400 millions d'habitants, appelé à peser dans la recomposition des échanges commerciaux et financiers ouest-africains. Portée depuis plus de vingt ans, l'ECO a survécu aux reports, aux coups d'État et aux crises sanitaires. En 2027, l'Afrique de l'Ouest saura enfin si le rêve est à portée de main.