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Bref S.,
18 Oct 2026 à 08:25

Une enquête exclusive menée par le journaliste Yves Plumey Bobo pour Jeune Afrique met en lumière un système où le renseignement d'État s'achète, se détourne et s'utilise à des fins personnelles ou commerciales.

​Par la rédaction

​Au Cameroun, combien coûte la vie privée d'un citoyen ? D'après une enquête de près d'un an menée par le journaliste Yves Plumey Bobo pour Jeune Afrique, la réponse est parfois déroutante : seulement 25 000 francs CFA.  

​À travers des témoignages édifiants, l'investigation révèle comment des informations hautement confidentielles sortent des circuits officiels pour être marchandées ou utilisées à des fins de pression, d'influence ou d'alliances personnelles.  

​La surveillance à portée de bourse

​Parmi les affaires révélées, il y a celle de « Martial », un intermédiaire opérant dans l'ombre. En 2020, un homme souhaitant espionner son épouse prend contact avec lui. Grâce à ses relais au sein du service des interceptions, l'homme obtient l'historique des relevés téléphoniques ainsi que la géolocalisation des déplacements de sa femme. Le coût de cette opération d'espionnage privé ? Une modique somme de 25 000 francs CFA.  

​Ce type de dérive démontre à quel point des outils de surveillance étatiques peuvent être détournés de leur fonction première de sécurité nationale pour alimenter de simples litiges conjugaux ou privés.  

​Quand la surveillance devient une arme commerciale

​L'enquête met également en évidence l'utilisation du renseignement dans le monde des affaires. C'est l'histoire de « Peguy », un homme d'affaires camerounais averti par ses propres contacts au sein des services secrets que ses lignes téléphoniques étaient placées sous écoute alors qu'une de ses cargaisons intriguait la douane.  

​Au lieu de subir la surveillance, Peguy décide de la retourner contre ses enquêteurs. Lors de ses conversations téléphoniques, il distille sciemment de fausses informations pour réorienter les soupçons et les contrôles douaniers vers la flotte d'un concurrent. Résultat : la douane camerounaise intercepte et saisit les véhicules de son rival.  

​Un système perméable

​Ces révélations jettent un regard cru sur les failles et le manque de contrôle au sein des services de renseignement camerounais. L'enquête d'Yves Plumey Bobo soulève des questions fondamentales sur la protection de la vie privée, l'éthique des agents de l'État et la porosité entre intérêts publics et manœuvres privées.  

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