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Bref S.,
12 Oct 2026 à 12:10

Le naufrage s'est produit dans la nuit du 8 au 9 octobre au large d'Obock, dans le nord de Djibouti. L'embarcation, qui transportait 305 personnes, se dirigeait vers le Yémen. Il s'agit de l'un des naufrages les plus meurtriers sur la route migratoire de l'Est.

Le bilan s'alourdit

Selon le dernier bilan publié par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 139 migrants ont perdu la vie et 84 autres sont portés disparus. Quelque 82 personnes ont été secourues, toutes de nationalité éthiopienne.

Parmi les corps retrouvés figurent 52 hommes, 42 femmes et 15 enfants (9 filles et 6 garçons). Les autorités djiboutiennes ont organisé des funérailles collectives à Obock.

« Ils ont été enterrés dans des fosses communes, comme dans un contexte de guerre. Chacun avait des parents, et nous ne saurons peut-être jamais ce qui s'est passé », a déclaré Alexandre Coissac, chef de mission de l'OIM à Djibouti.

Les causes du drame

Selon les témoignages des survivants, l'embarcation a chaviré en raison d'une surcharge massive. Le bateau, qui devait transporter bien moins de passagers, en comptait 305 au moment du départ.

Les opérations de recherche se poursuivent pour retrouver les disparus.

L'aide aux survivants

L'OIM fournit aux survivants une assistance médicale, un soutien psychologique, de la nourriture, un hébergement temporaire et des services de protection au centre de réponse pour les migrants d'Obock. Alexandre Coissac décrit des survivants « tous en état de choc », certains ayant appris la mort de proches, d'autres ayant pu téléphoner à leur famille pour les rassurer.

Un contexte migratoire tragique

Chaque année, des milliers de migrants de la Corne de l'Afrique transitent par Djibouti pour traverser le détroit de Bab-el-Mandeb vers le Yémen, dans l'espoir d'atteindre ensuite les pays du Golfe. La pauvreté, l'insécurité et les effets du changement climatique poussent ces personnes à emprunter cette route dangereuse.

« Personne ne monte à bord d'un tel bateau à moins de croire qu'il n'existe aucun autre moyen sûr », a déclaré la directrice générale de l'OIM, Amy Pope. Elle a appelé les gouvernements et les donateurs à agir : « Des voies sûres et légales sauvent des vies. »

Depuis le 10 septembre, l'OIM a enregistré plus de 20 000 mouvements en provenance d'Éthiopie vers Djibouti. Sur l'ensemble de l'année 2025, plus de 900 migrants sont morts ou disparus sur cette route de l'Est, alors que le nombre de traversées a augmenté de 18 %.

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