Âgé de 22 ans et incarcéré dans une affaire de proxénétisme, il aurait préparé le projet depuis sa cellule. Un appel au meurtre comportant le nom et la photo du magistrat avait été diffusé sur un canal Telegram suivi par plus de 5 000 personnes. En octobre 2026, le juge des libertés et de la détention de Paris a confirmé le maintien en détention provisoire de Floriano, tout en levant son isolement carcéral.
Les faits
Floriano, 22 ans, fils d'un ancien ministre congolais, est soupçonné d'avoir commandité l'assassinat d'un juge d'instruction de Créteil. Il aurait préparé ce projet depuis sa cellule, où il était incarcéré dans une affaire de proxénétisme.
En mars 2025, un message est apparu sur un canal Telegram nommé « Brozer mafia », suivi par plus de 5 000 personnes. On pouvait y lire : « DZ Mafia / 100 000 euros pour sa tête », accompagné du nom et de la photo d'un juge d'instruction francilien. Le magistrat a immédiatement été placé sous protection policière.
L'enquête
Le parquet de Paris a ouvert une enquête, confiée à l'Office anti-cybercriminalité (Ofac) et à l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO). Après six mois d'investigations, les enquêteurs ont identifié deux suspects. Le 13 octobre 2025, les deux hommes ont été mis en examen et incarcérés. Selon Franceinfo, Floriano est considéré comme l'instigateur du projet, tandis qu'un second homme de 36 ans, également né au Brésil, est présenté comme l'administrateur du canal Telegram.
Le profil du suspect
Floriano est le fils d'une personnalité politique congolaise, un ancien ministre proche du pouvoir. Il a grandi en France et a participé dans sa jeunesse à des championnats de France et du monde d'équitation. Selon des sources proches du dossier, son parcours aurait basculé en suivant les traces de son frère aîné, impliqué dans un dossier de stupéfiants dans le Gard.
La réaction de la justice
Le parquet de Paris avait indiqué prendre ces menaces « très au sérieux », pour deux raisons : le profil des mis en cause, qui suggère qu'ils sont « capables de recourir à une violence extrême et disproportionnée », et le « degré d'exposition » des juges traitant des dossiers de criminalité organisée.
La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, avait déclaré : « Quand un juge est menacé, c'est l'État et les institutions qui garantissent le fonctionnement de notre démocratie qui sont menacés.»
Contexte historique
Deux juges d'instruction ont été assassinés dans l'histoire française. En 1981, le juge marseillais Pierre Michel a été abattu en plein jour ; en 1975, François Renaud, surnommé « le shérif », a été tué à Lyon par des figures du milieu local.