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Bref S.,
24 Jun 2026 à 09:43
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 Niamey franchit le Rubicon. Le 18 juin 2026, le gouvernement nigérien a officiellement notifié aux Nations Unies sa décision de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), acte enregistré par le secrétaire général António Guterres le 22 juin. La CPI, basée à La Haye, a confirmé la réception de la notification le 23 juin et exprimé ses regrets face à cette décision.  Conformément au Statut de Rome, le retrait ne sera effectif que le 18 juin 2027, d'ici là, le Niger reste tenu de respecter l'ensemble de ses obligations envers la juridiction internationale. 

Dans sa lettre adressée à l'ONU, Niamey ne prend pas de gants. Les autorités nigériennes accusent la Cour d'avoir été "détournée" de sa mission et dénoncent une justice "instrumentalisée"; des termes qui résonnent comme un procès en règle d'une institution que le Sahel ne reconnaît plus comme légitime. Depuis plusieurs mois, le Niger, le Mali et le Burkina Faso accusent ouvertement la CPI de porter atteinte à leur souveraineté et de pratiquer une justice jugée sélective. La prise de position est collective, mais c'est Niamey qui ouvre officiellement la voie.

Une fois ce retrait effectif, le Niger deviendra le troisième État à quitter formellement la CPI depuis sa création en 2002, après le Burundi en 2017 et les Philippines en 2019. Cette décision s'inscrit dans un mouvement plus large de repositionnement géopolitique : l'an dernier, le Niger, le Mali et le Burkina Faso avaient déjà quitté simultanément la CEDEAO pour créer la Confédération des États du Sahel. Chaque rupture institutionnelle en appelle une autre. Le Sahel construit son propre ordre mondial ou du moins, il démantèle l'ancien.

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