Alors que l'Afrique centrale fait face à une recrudescence des cas d'Ébola, le Nigeria vient de confirmer la présence d'un premier patient infecté par la souche Bundibugyo. Une annonce qui suscite une vive inquiétude au sein du pays le plus peuplé du continent.
L'onde de choc à Abuja
C’est un signal d'alarme que le gouvernement et les autorités sanitaires espéraient ne pas avoir à tirer. Le Nigeria Centre for Disease Control and Prevention (NCDC), en concertation avec l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), a officialisé la détection d'un cas confirmé d'Ébola sur son territoire. Il s'agit d'une voyageuse revenue récemment d'Ouganda, prise en charge à Abuja.
Si le cas a rapidement été placé sous isolement strict et que les équipes médicales s'empressent de retracer l'ensemble des contacts de la patiente, la nouvelle a provoqué un véritable vent de panique au sein de la population. Le souvenir de la grande crise épidémique de 2014, qui avait durement éprouvé l'Afrique de l'Ouest, reste particulièrement vif dans les mémoires.
La souche Bundibugyo : une menace spécifique
Ce qui inquiète particulièrement les experts, c'est la nature même du virus identifié. Contrairement à la souche Zaïre, plus répandue et contre laquelle des vaccins homologués existent désormais, la souche Bundibugyo est plus rare et ne dispose à ce jour d'aucun traitement spécifique ni de vaccin préventif validé.
Jusqu'alors principalement localisée en Afrique centrale, notamment en République démocratique du Congo et en Ouganda, la progression de cette variante vers l'Afrique de l'Ouest constitue un virage redouté par les épidémiologistes.
Course contre la montre pour éviter la propagation
Pour stopper toute chaîne de transmission locale, les autorités nigérianes ont immédiatement déployé un protocole de crise. Plus de quarante personnes ayant été en contact direct ou indirect avec la patiente font l'objet d'un suivi quotidien strict.
Les contrôles aux frontières et dans les aéroports internationaux ont également été renforcés. La capacité du système de santé nigérian à contenir ce cas zéro sera déterminante pour éviter que l'épidémie ne prenne une tournure régionale d'une tout autre ampleur.