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Bref S.,
17 Aug 2026 à 21:16
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Il avait prévenu. Il a payé. Le numéro 3 de la FIFA, le Français Kevin Lamour, a été licencié ce lundi, trois semaines après avoir publiquement brisé l'omerta au sein de l'institution et critiqué frontalement le projet d'Infantino de vendre des parts de la Coupe du Monde à des investisseurs privés.

L'homme qui a dit non

Kevin Lamour avait dit sa « déception » à l'agence de presse AP le 31 juillet, qualifiant l'initiative d'Infantino de « projet d'une seule personne » : « Le projet ne doit pas seulement ne pas arriver à son terme — mais le moment est maintenant venu pour les leaders politiques du football de se poser les bonnes questions, et de prendre les bonnes décisions. » Et il avait conclu, lucide sur les risques qu'il prenait : « Et si cela implique que je perde mon emploi, qu'il en soit ainsi. »

Dans une lettre ouverte, Lamour avait également affirmé qu'Infantino avait trahi ses collaborateurs. Des mots rares, courageux, et apparemment irrémissibles au sein d'une institution où la loyauté au patron est une condition de survie.

La FIFA confirme, sans s'expliquer

La FIFA a confirmé la nouvelle à la demande de l'agence SID, après la révélation du New York Times : « La FIFA peut confirmer que la collaboration avec Kevin Lamour en tant que directeur des opérations a pris fin le 17 août 2026. La FIFA remercie Kevin pour ses deux années de service et lui souhaite bonne chance pour l'avenir. » Elle a ajouté qu'elle ne ferait « aucun autre commentaire » sur le sujet. 

Le doute subsiste sur les circonstances exactes du départ : The Athletic affirme que Lamour aurait démissionné, tandis que Martyn Ziegler du Times soutient qu'il a bien été licencié. La FIFA, elle, ne tranche pas mais le timing, trois semaines après ses déclarations fracassantes, parle de lui-même.

Un profil d'insider devenu franc-tireur

Kevin Lamour occupait ses fonctions de directeur des opérations depuis novembre 2024, après avoir longtemps œuvré au sein de l'UEFA. Homme de terrain, connaisseur des rouages du football international, il n'était pas un agitateur extérieur c'est précisément ce qui donnait du poids à ses mots. En choisissant de parler, il savait exactement ce qu'il risquait.

Son licenciement envoie un message clair au sein de la FIFA : en interne, la dissidence se paye cash. Mais à l'extérieur, chaque représaille renforce un peu plus la pression qui s'accumule sur un Infantino de plus en plus isolé et de plus en plus seul face à la tempête.

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