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Credit Photo : Getty Images
Kôkouvi B.,
20 Aug 2026 à 11:30
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Pendant des années, PSG-OM a été vendu comme le match que toute la France devait regarder. Deux villes, deux cultures, deux publics, deux visions du football : Paris contre Marseille. Mais derrière cette image devenue presque sacrée, une réalité historique dérange un peu. La rivalité n’a pas toujours existé. Les deux clubs se sont affrontés pour la première fois en 1971 et n’ont pas construit une opposition sportive majeure durant leurs premières années. C’est surtout à la fin des années 1980 et au début des années 1990 que la machine s’est emballée, lorsque Bernard Tapie à Marseille et les dirigeants parisiens ont commencé à alimenter une opposition devenue extrêmement médiatique. Canal+ a ensuite largement contribué à transformer le duel en rendez-vous incontournable du championnat. Autrement dit, le PSG-OM que l’on connaît aujourd’hui n’est pas uniquement né sur le terrain : il a aussi été fabriqué, raconté et vendu comme un affrontement national.

Le problème, c’est qu’une rivalité a besoin de deux adversaires capables de se répondre. Or, sur le terrain, le rapport de force a progressivement changé. En février 2026, le PSG comptait déjà 52 victoires contre 35 pour Marseille, pour 24 nuls dans l’ensemble des confrontations recensées. Plus impressionnant encore, Paris avait remporté 17 de ses 19 dernières réceptions de l’OM toutes compétitions confondues. Le 5-0 infligé à Marseille au Parc des Princes en février 2026 a même constitué la plus large victoire parisienne de l’histoire du Classique. Depuis l’arrivée de l’ère qatarie, l’écart sportif et financier est devenu immense : Paris enchaîne les titres de Ligue 1 et vient désormais d’ajouter la Ligue des champions à son palmarès, tandis que Marseille continue de vivre avec son sacre européen de 1993 comme un élément central de son identité.

Alors, faut-il vraiment dire que Marseille est « seul à y croire » ? Ce serait trop simple. Les supporters parisiens détestent bel et bien l’OM, les supporters marseillais détestent bel et bien le PSG, et certains épisodes récents montrent que cette opposition dépasse largement le simple résultat d’un match. Même lorsque Paris domine, Marseille reste le club que ses supporters veulent absolument battre. Le cas d’Adrien Rabiot, ancien Parisien devenu capitaine de l’OM, a encore montré en 2025 à quel point cette rivalité peut devenir personnelle et électrique. Mais sportivement, la question devient difficile à éviter : le PSG considère-t-il encore Marseille comme son véritable rival, ou son combat se situe-t-il désormais davantage face au Real Madrid, au Barça, au Bayern ou aux autres puissances européennes ? Peut-être que la véritable force du PSG-OM aujourd’hui n’est justement plus son équilibre sportif. C’est son histoire, sa haine, ses tribunes, ses provocations et tout ce que ce match représente pour deux villes qui refusent de se regarder comme des adversaires ordinaires. Marseille n’a peut-être pas besoin de gagner souvent pour considérer Paris comme son ennemi numéro un. Et Paris n’a peut-être pas besoin de considérer Marseille comme son principal concurrent pour que le Classique continue de brûler. C’est peut-être là que se trouve le paradoxe : la rivalité sportive s’est déséquilibrée, mais la rivalité émotionnelle, elle, n’est toujours pas morte.

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