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Bref S.,
25 Mar 2026 à 21:16
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Le verdict du Jury d'Appel ayant attribué la Coupe d'Afrique des Nations 2025 au Maroc serait entaché de nombreux dysfonctionnements et irrégularités au sein même de la Confédération africaine de football. Au-delà de la gravité des faits et de possibles conflits d'intérêts, cette décision met en lumière une crise institutionnelle persistante au sein de l'instance dirigée par Patrice Motsepe et Véron Mosengo-Omba. 

Le directeur des organes indépendants viré deux semaines avant

Après consultation de sources internes, Sport News Africa affirme que l'administration de la CAF se serait immiscée dans un processus pourtant présenté comme indépendant. Deux semaines avant la réunion décisive, le secrétaire général aurait procédé au licenciement de Yassin Osman Robleh, directeur des organes indépendants. Officiellement liée à une réorganisation interne, cette décision soulève des interrogations, notamment en raison de son timing et de l'absence de remplaçant. 

Yassin Osman Robleh était en poste depuis plus de 5 ans et était reconnu pour son professionnalisme. Sa mission ? Garantir l'indépendance du Jury d'Appel. Il a été brutalement licencié, officiellement dans le cadre d'une "réorganisation", SANS QU'AUCUNE FAUTE NE SOIT REPROCHÉE NI EXPLICATION CLAIRE FOURNIE. Et surtout : il n'a PAS ÉTÉ REMPLACÉ, laissant l'administration intervenir directement dans un processus pourtant censé être indépendant.

Un président de fédération au sein du jury = illégal

Avant même d'examiner le fond, c'est la forme qui pose un problème rédhibitoire. Parmi les membres du jury figure Moez Ben Tahar Nasri, Tunisien, ancien vice-président de cette même instance. Sa présence ? Illégale. Depuis son élection à la présidence de la Fédération Tunisienne de Football en janvier 2025, Nasri est un officiel fédéral en exercice.

Or l'article 13 du règlement du jury d'appel de la CAF est sans ambiguïté : un président de fédération ne peut siéger dans cet organe. Conflit d'intérêt manifeste, point barre. Quand il était simple vice-président du jury, Nasri n'occupait aucune fonction fédérale  c'était acceptable. Aujourd'hui, il dirige une fédération membre de la CAF et tranche un litige entre deux autres fédérations membres. Ce n'est plus de l'arbitrage, c'est du bricolage. 

En droit, la règle est simple : juridiction irrégulièrement composée, décision nulle. Le TAS le sait. La CAF aussi, visiblement. Elle a juste préféré l'ignorer. 

Le Sénégal condamné sans être entendu

Si la composition du jury est déjà problématique, le déroulement de l'audience frise le grotesque. La délégation sénégalaise est convoquée à 7h. Les auditions débutent à 9h30. Soit. Deux heures s'écoulent. Silence radio. Le secrétaire général de la FSF, las d'attendre sans information, finit par appeler directement son homologue à la CAF. Réponse : l'audience est terminée, la décision sera notifiée. Autrement dit, le jury a délibéré et conclu sans avoir achevé d'entendre les parties. Sans clôture formelle. Sans possibilité pour le Sénégal de présenter ses observations finales. Juste… sans elles. 

Ce que la CAF a violé s'appelle le principe du contradictoire. La règle élémentaire selon laquelle on n'est pas condamné sans avoir pu se défendre. C'est consacré par les statuts de la FIFA, les règles de procédure de la CAF, et la jurisprudence constante du TAS. Le méconnaître sur un dossier aussi sensible relève soit de l'incompétence, soit d'autre chose. 

Un SMS révèle que tout était joué d'avance

Selon le média Sport News Africa, un message attribué à Augustin Senghor aurait été adressé au président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, avant même l'annonce officielle du verdict du Jury d'appel. D'après cette source, ce message exprime une vive inquiétude quant à des informations jugées sensibles, évoquant une réunion tenue à huis clos au Caire et une décision déjà actée concernant l'issue de la finale opposant le Sénégal au Maroc. 

Dans ce texte, Augustin Senghor écrit notamment : « J'ai appris par hasard que la commission d'appel s'était réunie à huis clos au Caire et avait décidé de retirer au Sénégal sa victoire et son titre de champion d'Afrique au profit du Maroc. » 

Autrement dit : le verdict était connu AVANT l'audience. Tout était joué d'avance.

Le TAS va trancher

La FSF a annoncé sa saisine du Tribunal Arbitral du Sport. Et avec un dossier pareil  composition illégale du jury, violation du contradictoire, licenciement suspect du directeur de l'indépendance, SMS révélant une décision prise d'avance , le Sénégal a toutes les cartes en main pour faire annuler cette mascarade.

La CAF vient de franchir une ligne rouge. Et le TAS pourrait bien lui infliger une humiliation historique.


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