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Credit Photo : Getty Images
Afolabi B.,
20 Aug 2026 à 14:30
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Quand un joueur est annoncé à 100 millions d’euros, l’image est simple : un club paie 100 M€ et l’autre les encaisse. En réalité, le chiffre affiché dans les médias peut cacher une mécanique beaucoup plus complexe. D’abord, les 100 M€ peuvent ne pas être intégralement garantis : une partie peut correspondre à des bonus liés au nombre de matchs disputés, aux performances du joueur, aux titres remportés ou aux qualifications européennes. Le club vendeur peut donc recevoir une somme fixe immédiatement, puis le reste uniquement si certaines conditions sont remplies. À cela peuvent s’ajouter des échéanciers : un transfert annoncé à 100 M€ ne signifie pas nécessairement que 100 M€ sont versés en une seule fois. Et surtout, le montant brut de la transaction n’est pas automatiquement le bénéfice du vendeur. Les règles comptables de l’UEFA prévoient que le résultat d’une vente est calculé à partir du produit net de la cession, auquel on soustrait notamment la valeur comptable restante du joueur et certains montants directement liés à l’opération. Les sommes pouvant revenir à un autre club, à un agent ou à une association/ligue sont ainsi prises en compte dans ce calcul.

Une partie de l’argent peut également quitter le circuit du club vendeur pour rémunérer ceux qui ont participé à la formation ou à l’opération. Lorsqu’un joueur ayant été formé dans plusieurs clubs fait l’objet d’un transfert international, le mécanisme de solidarité de la FIFA prévoit une redistribution aux clubs formateurs. La FIFA explique que cette contribution est liée aux indemnités de transfert et que sa Chambre de compensation identifie les clubs concernés grâce au passeport électronique du joueur avant de distribuer les sommes qui leur reviennent. Depuis son lancement en novembre 2022, le système a généré près d’un milliard de dollars de récompenses de formation dans le monde, dont plus de 639 millions avaient déjà été distribués au 17 juillet 2026. Il faut également compter, selon les contrats et le cadre réglementaire applicable, les rémunérations des agents ou intermédiaires. L’UEFA considère d’ailleurs explicitement les sommes directement attribuables à une cession et dues à un agent, à un autre club ou à une association comme des éléments à prendre en compte pour déterminer le produit net de la vente. Une éventuelle clause de pourcentage sur une revente peut elle aussi faire disparaître une partie du montant versé par le nouvel acquéreur. C’est donc là que le fameux « transfert à 100 M€ » commence à perdre de sa simplicité : le club vendeur peut avoir signé une opération à 100 M€, mais tout cet argent ne constitue pas nécessairement une recette nette disponible pour ses dépenses.

Le plus grand malentendu concerne toutefois la différence entre prix de vente et bénéfice. Prenons un exemple : un club achète un joueur 60 M€ avec un contrat de cinq ans. Pour les clubs qui capitalisent et amortissent les inscriptions de joueurs, l’UEFA prévoit que le coût de l’inscription est réparti sur la durée du contrat, avec un maximum de cinq ans. À raison de 12 M€ par an, après trois saisons, la valeur comptable théorique restante serait de 24 M€. Si le joueur est alors vendu 100 M€, le club n’a donc pas réalisé « 100 M€ de bénéfice » : avant les éléments directement liés à la vente, la différence entre les 100 M€ de produit net et les 24 M€ de valeur comptable donne 76 M€ de résultat sur la cession. L’UEFA précise justement que le profit ou la perte sur une vente correspond à la différence entre le produit net de cession et la valeur comptable nette du joueur au moment du départ. Et c’est précisément ce qui rend les ventes de joueurs si importantes dans les comptes des clubs : un joueur acheté plusieurs années auparavant peut être presque entièrement amorti, puis être revendu pour une somme considérable. Au final, derrière chaque « transfert à 100 M€ », il faut donc poser plusieurs questions : combien est réellement garanti ? Combien dépend des bonus ? Quelle part revient aux clubs formateurs ou à d’autres parties ? Quelle est la valeur comptable restante du joueur ? Et surtout, combien le club vendeur conserve-t-il réellement après toutes ces opérations ? Le montant annoncé par le mercato n’est donc que la première ligne de l’histoire, pas son véritable bilan financier.

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