La FIFA vient d'écrire l'une des pages les plus embarrassantes de son histoire. Folarin Balogun, exclu sur carton rouge direct contre la Bosnie-Herzégovine en seizièmes de finale, a bénéficié de l'article 27 du règlement de la FIFA pour annuler sa suspension automatique et pourra donc jouer contre la Belgique lundi en huitièmes. Une décision qui n'existe pas dans les règlements du possible, et pourtant.
Rappelons les faits. Les sélections n'ont aucune possibilité de contester une suspension automatique après un carton rouge direct, le règlement l'interdit explicitement. Qu'importe : réunie en urgence, la Commission de discipline a simplement utilisé un pouvoir dont elle dispose pour transformer la sanction en peine avec sursis, s'appuyant sur l'article 27 du Code disciplinaire qui autorise les instances à suspendre totalement ou partiellement l'exécution d'une sanction. Une porte dérobée que personne n'avait jamais utilisée en phase finale de Coupe du monde. Et pour cause.
La raison officieuse invoquée serait que l'arbitre aurait été invité à consulter la VAR par erreur et que la FIFA aurait donc rectifié le tir d'elle-même. Mais le timing de la décision, lui, parle de lui-même. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'était déjà exprimé publiquement à la Maison Blanche : "Ils ont été traités de manière injuste." Et dans la foulée de l'annonce de la FIFA, Donald Trump a remercié la FIFA "d'avoir fait ce qu'il fallait et d'avoir réparé une grande injustice !" Un président qui remercie une fédération sportive pour une décision disciplinaire. L'image dit tout.
C'est le même article 27 qui avait permis à Cristiano Ronaldo de ne pas manquer l'entrée en lice de la compétition face à la République démocratique du Congo, une autre décision controversée. La FIFA sort donc l'article 27 quand ça l'arrange, pour les grandes vedettes et les pays hôtes. Pour les autres, le règlement reste le règlement. L'indépendance de la FIFA, elle, reste introuvable.