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Bref S.,
11 Mar 2026 à 10:29
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Emmanuel Macron a affirmé, lundi 9 mars, préparer une future mission "purement défensive" pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Le président français s'exprimait depuis Chypre pour "témoigner de la solidarité de la France" avec cet État de l'UE où une base britannique a été visée par un drone.  Le chef de l'État s'est ensuite rendu à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle posté au large de la Crète, affirmant que la France se préparait à un conflit au Moyen-Orient susceptible de "durer". 

Une mission pour sauver le commerce mondial

"Nous sommes en train de mettre en place une mission purement défensive, purement d'accompagnement, qui a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit, l'escorte de porte-conteneurs et de tankers, pour rouvrir progressivement le détroit d'Ormuz", a affirmé Macron. 

Cette mission est, selon lui, "essentielle au commerce international, mais également à la circulation du gaz et du pétrole qui doivent pouvoir sortir à nouveau de cette région", alors que l'impraticabilité du détroit, en raison du conflit, a fait s'envoler les cours ces derniers jours. 

Concrètement, cette mission pourrait inclure : escorte militaire de pétroliers et de navires commerciaux, surveillance aérienne et navale des zones sensibles, interception de drones ou de missiles menaçant la navigation, et protection des infrastructures et des bases occidentales dans la région. 

Une mission "défensive" qui pourrait mal tourner

Emmanuel Macron a assuré préparer cette mission "strictement pacifique" avec des partenaires "européens et non européens". Des discussions sont évoquées côté français notamment avec l'Inde et d'autres pays asiatiques fortement touchés par la situation actuelle. 

Mais sur le terrain, la réalité pourrait être bien différente. Le détroit d'Ormuz est l'un des environnements maritimes les plus dangereux au monde en période de crise. La zone est étroite, fortement militarisée et surveillée par les forces iraniennes, notamment les Gardiens de la Révolution. 

Même si la mission est présentée comme défensive, la présence de navires de guerre occidentaux dans le golfe Persique pourrait être perçue par Téhéran comme une participation indirecte au conflit. Dans un tel environnement, même une mission d'escorte peut rapidement dégénérer en confrontation armée. 

Un équilibre impossible ?

La position de la France reste donc délicate. D'un côté, Paris souhaite éviter une implication directe dans la guerre déclenchée par les frappes américaines et israéliennes. De l'autre, la France veut protéger ses intérêts économiques, ses alliés et la stabilité des routes commerciales mondiales. En somme, la France ne veut pas faire la guerre et en même temps son armée risque de se mettre en situation de ne pas pouvoir échapper à des échanges de tirs. 

Le porte-avions Charles-de-Gaulle est déjà déployé. Les frégates françaises se préparent. Macron parle de "défense", mais sur le terrain, la ligne entre protection et participation à la guerre est très fine. Et dans le détroit d'Ormuz, cette ligne pourrait être franchie en quelques secondes.


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