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Bref S.,
24 Apr 2026 à 12:54
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Affaire Prestianni : 6 matchs pour homophobie, innocenté du racisme une décision qui divise

La stratégie de défense qui a tout changé

L'histoire de cette affaire est aussi révélatrice que troublante. Lors de son audition devant l'UEFA, Gianluca Prestianni a nié toute insulte raciste, mais a reconnu avoir tenu des propos homophobes, admettant avoir traité Vinicius de « maricón » (« pédé » en espagnol). Selon ESPN, il aurait même présenté des preuves pour étayer sa défense. En d'autres termes, l'Argentin a choisi d'admettre une faute pour en éviter une autre plus lourde. Aurélien Tchouaméni avait déjà rapporté cette version pendant le match, indiquant que Prestianni lui aurait confié avoir « traité Vinicius de p*** ». 

Un aveu qui ne dédouane personne

Cet aveu ne dédouane en rien le joueur mais il a totalement brouillé les pistes et relancé le débat sur les dérives verbales dans le football. Le règlement UEFA est sans appel : toute atteinte à la dignité, qu'elle soit raciste ou homophobe, expose à une suspension d'au moins dix matchs. Pourtant, la sanction finale est nettement en deçà : 6 matchs, dont 3 avec sursis pendant 2 ans. Un match déjà purgé lors du match retour contre le Real Madrid, et les 2 matchs fermes restants devront être effectués en compétition UEFA ou avec la sélection argentine en compétition FIFA. 

Vinicius et le Real Madrid, à moitié satisfaits

Le club madrilène avait transmis l'intégralité de ses preuves à l'UEFA dans l'espoir d'obtenir justice pour Vinicius. Le Real Madrid avait salué le soutien unanime du monde du football à son joueur. Mais la décision finale exonère Prestianni du chef de racisme la qualification la plus grave et ne retient que l'homophobie. Une distinction qui laisse un goût amer : Vinicius accusait d'avoir été traité de singe. L'UEFA dit qu'il a été traité de « pédé ». Le préjudice est là dans les deux cas. 

Un signal inquiétant pour la lutte antiracisme

La décision soulève une question dérangeante : peut-on plaider l'homophobie pour échapper à une accusation de racisme et s'en sortir avec une sanction réduite ? La défense de Prestianni est jugée « hallucinante » par de nombreux observateurs puisque l'homophobie est également un délit, autant au regard de la loi que du règlement UEFA. En validant cette stratégie, l'UEFA envoie un signal ambigu sur la hiérarchie des discriminations dans le football européen.

Prestianni a avoué une insulte pour en nier une autre. L'UEFA a suivi. 6 matchs dont 3 avec sursis pour avoir traité un joueur de « pédé » une sanction qui sera longtemps débattue. Dans la lutte contre les discriminations, l'UEFA vient de laisser une porte entrouverte.

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