Dans ce Mondial 2026 submergé de polémiques arbitrales, un détail ressurgit et prend une résonance particulière : la FIFA applique depuis 44 ans une règle discrète mais absolue, aucun arbitre anglais ne peut officier lors d'un match impliquant l'Argentine. Un protocole né des cendres de la guerre des Malouines de 1982, et jamais remis en cause depuis.
Le conflit armé entre le Royaume-Uni et l'Argentine pour la souveraineté des îles Malouines — Falklands en anglais a duré de mai à juin 1982, faisant plus de 900 morts et laissant une cicatrice diplomatique profonde entre les deux nations. Dès le Mondial 1982 disputé en Espagne, la FIFA a pris acte de cette réalité géopolitique et a instauré une règle d'exclusion tacite, reconduite lors de chaque Coupe du monde depuis lors. Une mesure de précaution qui vise à protéger l'intégrité des matchs et à éviter que le contexte politique ne vienne parasiter les décisions arbitrales.
Cette règle prend un relief particulier en ce juillet 2026. Tandis que la FIFA est accusée d'avoir cédé à la pression de Trump dans l'affaire Balogun, et que l'Égypte exige la suspension de Letexier après l'Argentine-Égypte, la question de l'influence des relations internationales sur l'arbitrage n'a jamais semblé aussi brûlante. La FIFA écarte les Anglais depuis 44 ans pour protéger l'Argentine d'un conflit et se retrouve aujourd'hui accusée de favoriser cette même Argentine face à d'autres nations.
L'arbitrage est censé être aveugle. La géopolitique, elle, ne l'est jamais.