Le château de cartes d'Infantino tremble de partout. L'organisation de défense des droits humains FairSquare a annoncé ce mercredi qu'elle allait saisir la commission d'éthique du Comité International Olympique d'une plainte visant le président de la FIA dont Infantino est lui-même membre pour "violations répétées de la neutralité politique." Une procédure inédite qui vient s'ajouter à une semaine déjà catastrophique pour le patron du football mondial.
Le fond de la plainte est limpide. Le serment prononcé par les membres du CIO, dont fait partie Infantino, leur impose d'agir "indépendamment des intérêts commerciaux et politiques", une obligation reprise par la Charte olympique. Or depuis plusieurs mois, la proximité du président de la FIFA avec Donald Trump dépasse largement le cadre protocolaire. En février, Infantino participait au "Conseil de paix" de Trump coiffé d'une casquette rouge floquée "USA 45-47". Puis il a fait l'éloge public de la politique intérieure américaine. Et dimanche, il a levé la suspension automatique de Folarin Balogun après un coup de fil personnel du président américain selon plusieurs sources convergentes.
FairSquare, rejoint en juin par la fédération norvégienne de football, avait déjà saisi en décembre dernier la commission d'éthique de la FIFA elle-même, arguant d'entorses répétées au principe de neutralité inscrit dans ses statuts. Cette fois, c'est le CIO qui est saisi une institution extérieure à la FIFA, dont la présidente Kirsty Coventry a déclaré que la commission examinerait toute saisine "conformément aux procédures en vigueur."
Ces crises surviennent à un moment particulièrement délicat : Infantino a déjà annoncé son intention de briguer un nouveau mandat à la présidence de la FIFA lors de l'élection de mars 2027. L'UEFA a exprimé son désaccord avec plusieurs de ses choix, la CAF observe attentivement la situation alors que le Maroc prépare le Mondial 2030. Les alliances bougent. La fronde s'organise. Et maintenant, c'est le CIO lui-même qui pourrait être contraint de trancher.
Affaire Balogun, plainte égyptienne, fronde de l'UEFA, et désormais le CIO : Infantino joue sa crédibilité et peut-être son poste sur ce Mondial 2026.