Tout commence par le nerf du scandale : l’arbitrage. Dans l’après-match, une partie des supporters nigérians a martelé l’idée d’un match “déséquilibré” au sifflet, visant directement l’arbitre ghanéen Daniel Laryea, accusé de décisions biaisées. La colère n’a pas seulement existé : elle s’est organisée, s’est narrée, s’est amplifiée. Et même avant le coup d’envoi, la désignation d’un arbitre ghanéen avait déjà déclenché des réactions “suspectes” sur les réseaux, comme si l’histoire devait être écrite avant même d’être jouée.
Ensuite vient l’autre accélérateur de fièvre : la VAR — ou plutôt, la perception de son silence. Sur les plateformes, les actions litigieuses ont été remontées, découpées, ralenties, commentées jusqu’à devenir des “minutes de procès”. Dans ce climat, même la moindre tension de fin de match prend des allures d’indice : attroupements, énervements, frustration… et ce geste tactique qui a choqué beaucoup d’observateurs : la sortie de Victor Osimhen juste avant la séance, jugée “étrange” tant il semblait être un tireur naturel pour les penalties.
Puis il y a le détail qui a mis le feu à l’essence : l’incident de la serviette du gardien nigérian Stanley Nwabali. Des vidéos relayées en masse montrent qu’une serviette déposée près du poteau est retirée par un membre du personnel du stade, juste avant les tirs au but — scène devenue symbole d’un match où “même les accessoires ne sont plus neutres”. À partir de là, certains comptes sont allés plus loin : ils ont parlé de “vol” et ont accusé un “officiel marocain”. Ce que l’on peut dire sérieusement, c’est qu’un retrait apparaît sur des images et qu’il a nourri une narration virale ; ce que l’on ne peut pas affirmer comme un fait, c’est l’identité et l’intention sans preuve formelle. Dans la même vague, d’autres rumeurs ont circulé (jusqu’à des insinuations de contrôles dopage “évités”), mais elles restent au stade d’allégations sans documents publics vérifiables. Résultat : le match a produit un finaliste… et un continent divisé entre football et suspicion.