Romuald Wadagni : portrait du nouveau président du Bénin, technocrate devenu chef d'État
Des origines modestes, un destin d'exception
Né en 1976 à Lokossa, dans le sud du Bénin, Romuald Wadagni est le fils d'un statisticien-économiste originaire du Mono-Couffo, un département qui n'avait encore jamais donné de président au pays. Très tôt orienté vers les mathématiques et la finance, il décroche un master à Grenoble dont il sort major avant de partir aux États-Unis où il devient expert-comptable certifié (CPA) et parachève sa formation à la Harvard Business School. Un parcours académique d'élite qui le propulse vers les sommets du monde des affaires.
17 ans chez Deloitte : le plus jeune associé de l'histoire du groupe
Pendant 17 ans, Wadagni forge sa réputation au sein du cabinet Deloitte, gravissant tous les échelons jusqu'à devenir en 2012 l'un des plus jeunes associés jamais nommés par le groupe, à 36 ans, grâce à son expertise, son réseau et son profil multiculturel. Il dirige l'ouverture des bureaux de Deloitte en République Démocratique du Congo et occupe le poste de responsable Audit pour l'Afrique francophone , couvrant pas moins d'une dizaine de pays. Cet homme connaît l'Afrique dans ses entrailles économiques.
Dix ans à transformer les finances du Bénin
En 2016, Patrice Talon le tire de l'ombre et lui confie les clés du ministère de l'Économie et des Finances. Le résultat est spectaculaire. Sous sa houlette, le Bénin devient le premier pays d'Afrique francophone classé parmi les champions mondiaux de la transparence budgétaire, et le premier de l'UEMOA à ramener son déficit budgétaire sous la barre des 3%. Il réalise le premier eurobond du Bénin en 2019 et obtient une notation BB- de Standard & Poor's en 2024 une performance rare pour un pays d'Afrique subsaharienne. Le magazine The Banker le désigne Ministre des Finances africain de l'année 2025.
Un homme discret, mais puissant
En pratique, il devient l'un des hommes les plus proches de Talon, souvent présenté comme « l'homme fort » du gouvernement. Début 2023, ses responsabilités s'élargissent encore : le président lui confie la supervision de la coopération internationale et du financement de la sécurisation du nord face aux menaces terroristes. Surnommé « RoW » par ses partisans, il était jusqu'ici rarement apparu dans les médias sa relative discrétion politique étant vue par certains comme une faiblesse, par d'autres comme une force dans un contexte où sobriété et efficacité sont recherchées.
Quel président sera-t-il ?
Son option stratégique repose sur l'agro-industrie, le tourisme et les services comme moteurs d'une croissance inclusive, soutenue par le des peines ou contraints à l'exil ?
Wadagni est ce profil rare en Afrique : un technocrate pur, formé dans les meilleures institutions mondiales, qui a ufait ses preuves dans les chiffres avant de se confronter aux urnes. Le Bénin l'a plébiscité à 94%. Il lui reste maintenant à prouver qu'il sait aussi gouverner les hommes.