Un sombre record que la République démocratique du Congo n'aurait jamais voulu atteindre. L'épidémie d'Ebola actuellement en cours dans le pays vient de franchir un cap funeste : elle est désormais la plus mortelle que la RDC ait jamais connue, surpassant l'épisode tragique de 2018-2020.
Des chiffres qui donnent le vertige
L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo a tué 2 325 personnes, selon des données gouvernementales publiées dimanche, ce qui en fait l'épidémie la plus meurtrière de l'histoire du pays, devant celle survenue entre 2018 et 2020. Le nombre de cas de contamination confirmés a grimpé à 4 945, a indiqué l'Institut congolais de santé publique, avec une centaine de nouveaux cas recensés au cours des vingt-quatre heures précédentes.
Pour mémoire, l'épidémie de 2018-2020 avait duré près de deux ans, causant 2 287 décès et 3 470 cas, dans un contexte d'insécurité particulièrement difficile, elle était alors considérée comme la deuxième épidémie d'Ebola la plus mortelle au monde, après celle qui avait ravagé l'Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016.
Une souche sans vaccin ni traitement
Ce qui rend cette épidémie particulièrement redoutable, c'est la nature même du pathogène en cause. L'épidémie actuelle, déclarée le 15 mai dernier, a été causée par la souche Bundibugyo du virus, contre laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n'existe pour l'heure. Une réalité dramatique qui prive les équipes médicales des outils qui avaient permis de contenir les précédentes flambées.
La RDC, terre d'Ebola depuis 50 ans
La RDC entretient avec le virus Ebola une relation tragique et ancienne. Le pays a connu pas moins de 17 épidémies depuis l'identification du virus en 1976 sur les rives de la rivière Ebola. La récurrence de ces flambées dans un pays aux infrastructures sanitaires fragiles, aux conflits armés persistants et aux communautés souvent méfiantes envers les équipes médicales, complique considérablement chaque réponse.
Face à l'ampleur de la crise actuelle, la communauté internationale est appelée à mobiliser des ressources d'urgence pour soutenir le système de santé congolais. L'absence de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo place la RDC dans une situation particulièrement vulnérable et le monde face à une urgence sanitaire qui ne peut pas être ignorée.