Le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a instauré une mesure inédite au Gabon : les ministres devront désormais prêter serment sur le Njobi, une pratique traditionnelle et spirituelle, afin de les engager à respecter leurs responsabilités et à lutter contre les détournements de fonds publics. Une décision symbolique qui marque la volonté des autorités de placer la probité au cœur de l'action gouvernementale.
Le Njobi, une pratique traditionnelle au service de la gouvernance
Le Njobi est une pratique traditionnelle et spirituelle ancrée dans les croyances ancestrales gabonaises. Utilisé comme un serment sacré, il engage celui qui le prononce sur l'honneur et devant les forces spirituelles. En soumettant les membres du gouvernement à ce serment, le président Oligui Nguema entend renforcer leur engagement envers l'intégrité et la transparence.
L'idée est simple : en jurant sur le Njobi, un ministre s'engage solennellement à ne pas détourner les deniers publics. La violation de ce serment serait perçue comme une trahison, non seulement envers l'État, mais aussi envers les croyances et les traditions du pays.
Une mesure qui envoie un signal fort
Cette décision, aussi inhabituelle que symbolique, intervient dans un contexte où la lutte contre la corruption est devenue une priorité affichée des autorités gabonaises. Après des années de gestion contestée sous le régime de la famille Bongo, le président de la Transition cherche à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.
En mêlant tradition et gouvernance, le chef de l'État gabonais envoie un message clair : la probité ne sera plus une simple promesse, mais un engagement sacré. La mesure vise également à ancrer la bonne gouvernance dans les valeurs culturelles du pays, rendant ainsi la lutte contre la corruption plus proche des réalités locales.
Une initiative saluée, mais qui interroge
Si la décision a été saluée par une partie de l'opinion publique, certains observateurs s'interrogent sur son efficacité réelle. La corruption, phénomène structurel, ne se résout pas uniquement par des serments, aussi solennels soient-ils. Elle nécessite des réformes profondes, des contrôles renforcés et une justice indépendante. Toutefois, en instaurant cette pratique, le président Oligui Nguema marque une rupture avec les méthodes de ses prédécesseurs et affiche une volonté politique affirmée de moraliser la vie publique. Reste à savoir si cette initiative traditionnelle sera suivie d'effets concrets sur le terrain.
Le Gabon innove en mêlant tradition et gouvernance. Une initiative qui interroge, mais qui témoigne d'une volonté affirmée de rompre avec les pratiques du passé.