Event
Credit Photo : Getty Images
Afolabi B.,
15 Sep 2026 à 02:30

La République Démocratique du Congo connaît une mobilisation politique sans précédent autour d'une question constitutionnelle majeure. Des ministres, des figures religieuses, des responsables politiques locaux et des organisations civiles alignées avec le pouvoir mènent actuellement une campagne en faveur d'une révision de la Constitution. L'objectif affiché : permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat présidentiel au-delà de la limite de deux termes actuellement en vigueur. Cette mobilisation, bien que coordonnée par des cadres proches du chef de l'État, revêt une dimension décentralisée, touchant progressivement différentes provinces du pays et mobilisant des relais institutionnels et religieux.

Une stratégie de mobilisation multifacette

La campagne pour la révision constitutionnelle emprunte des canaux variés et structurés. Des ministres du gouvernement, placés directement sous l'autorité présidentielle, participent activement à la promotion de ce projet. Les leaders religieux, notamment évangélistes, utilisent leurs tribunes et leur influence communautaire pour sensibiliser les fidèles. Des politiques locaux et des organisations de base amplifient le message dans les territoires. Cette approche multi-niveaux permet de couvrir un large spectre de la population congolaise, du niveau central aux localités. Le président Tshisekedi ne figure formellement en première ligne de cette campagne, mais bénéficie manifestement de cette mobilisation orchestrée par ses soutiens les plus directs.

Les enjeux constitutionnels et géopolitiques

La question des limites de mandats présidentiels représente un enjeu majeur en Afrique centrale et de l'Ouest, où plusieurs États ont connu des révisions constitutionnelles controversées permettant à des présidents de prolonger leur pouvoir. La RDC, avec ses 100 millions d'habitants et ses ressources minérales stratégiques, revêt une importance capitale pour l'équilibre politique régional. Toute modification des règles présidentielles aura des implications au-delà des frontières congolaises. Cette mobilisation révèle également les tensions internes au sein de la coalition gouvernementale et soulève des questions sur le respect des normes démocratiques en Afrique subsaharienne.

Login with Social Media or Manually

or

Or sign in manually: