Le Kenya traverse une periode de tensions commerciales inedites. Le president William Ruto, en pleine preparation de sa campagne pour la réelection en 2027, a lancé une chasse aux petits commerçants étrangers. Des milliers d entrepreneurs originaires de Somalie, d Ouganda et d autres pays voisins se voient fermer leurs petits shops et kiosques dans les rues de Nairobi et d autres villes. Cette action massive souleve des questions fondamentales sur les politiques commerciales et leur instrumentalisation politique en Afrique.
Le protectionnisme comme outil electoral
Les analystes politiques qualifient cette campagne de "chasse aux sorcieres economique". Le gouvernement justifie ces fermetures par des raisons sanitaires et fiscales, mais les observateurs y voient une strategie electorale evidente. En ciblant les entrepreneurs étrangers, Ruto tente de seduire l électorat kenyan, promettant de protéger les emplois locaux et les petits commercants nationaux. C est une tactique classique : créer un ennemi extérieur pour mobiliser le vote domestique. Des centaines de petits magasins ont été fermés en quelques semaines seulement.
Les consequences pour l economie regionale
Cependant, cette approche comporte des risques economiques réels pour toute la région. Ces petits commerçants étrangers emploient des milliers de Kenyans, versent des taxes locales et stimulent la concurrence, souvent bénéfique pour les consommateurs. Leur disparition pourrait creer des monopoles nuisibles et augmenter les prix. Plus largement, cette discrimination envoie un message troublant aux investisseurs régionaux et fragilise l intégration commerciale est-africaine. Une economie prospere se construit par l ouverture et la cooperation, pas par l exclusion politisee.