Burkina Faso : TV5 Monde bannie par la junte la liste des médias censurés s'allonge encore
Une décision directement liée aux événements du 25 avril au Mali
Le Conseil supérieur de la communication du Burkina Faso a annoncé la suspension de TV5 Monde, invoquant de nombreux manquements à la loi, à l'éthique et à la déontologie dans le traitement de sujets liés à la lutte contre le terrorisme, et plus spécifiquement dans la couverture des attaques jihadistes survenues le 25 avril 2026 au Mali la nuit où le ministre de la Défense malien a été tué et Kidal reprise. Les fautes retenues portent sur la désinformation et l'apologie du terrorisme, relevées dans plusieurs éditions du journal télévisé diffusées entre avril et mai 2026.
Un schéma qui se répète depuis 2022
Cette décision s'inscrit dans une longue série de censures médiatiques depuis la prise de pouvoir de la junte. Depuis que le capitaine Ibrahim Traoré a pris le pouvoir, le Burkina Faso s'est replié sur lui-même : la France et ses soldats ont été expulsés, les liaisons aériennes directes avec Paris supprimées, et une longue liste de médias français ont été bannis RFI, LCI, France 24, Le Monde, Libération, et Jeune Afrique. TV5 Monde rejoint aujourd'hui ce catalogue de voix réduites au silence. Le pays s'enfonce dans un régime où, selon des observateurs, les gens ne veulent plus parler par crainte d'être arrêtés, emprisonnés ou tués.
La liberté de la presse en chute libre
Pour la junte et son Premier ministre Apollinaire Joachimson Kyélèm de Tambèla, les médias français comme France 24, RFI, TV5 Monde et Jeune Afrique sont des « médias impérialistes » cherchant à « semer la confusion » et à « créer des troubles » dans le but de préparer une intervention extérieure pour renverser le régime. Une rhétorique souverainiste désormais rodée qui permet à chaque suspension de médias d'être présentée comme un acte de résistance et non de censure.
Chaque fois qu'un journaliste rapporte une réalité gênante au Sahel, une fréquence s'éteint. TV5 Monde devient la énième victime d'une machine à faire taire dont la liste s'allonge depuis 2022. Dans un Burkina où les gens ont peur de parler au téléphone, l'information libre est désormais un luxe.