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Bref S.,
07 Sep 2026 à 08:03

Près d'une semaine après la tentative de mutinerie des 28 et 29 août à Niamey, les autorités nigériennes poursuivent leurs opérations de contrôle au sein de l'armée. Selon les informations de RFI, des dizaines, voire des centaines de militaires, en particulier issus des forces spéciales, auraient été interpellés et sont actuellement interrogés.

Des arrestations en cascade

Le mouvement de contestation qui a secoué la base aérienne 101 de Niamey a déclenché une vaste opération de "sécurisation et de contrôle" au sein des forces armées nigériennes . Depuis les événements, les arrestations se multiplient, touchant des militaires de tous grades, mais visant principalement les forces spéciales.

Parmi les dernières interpellations en date, un capitaine aurait été arrêté à une centaine de kilomètres de la capitale, selon des sources concordantes. Un militaire ayant participé aux événements, le capitaine Roger Gabriel, qui s'était exprimé sur les réseaux sociaux, aurait également été arrêté sur dénonciation.

Des interrogatoires intensifs et des désertions suspectées

Les autorités militaires poursuivent les interrogatoires des personnes arrêtées, cherchant à identifier les auteurs et les éventuels commanditaires de la mutinerie. Dans le même temps, plusieurs militaires n'ont pas regagné leurs postes, ce qui alimente les informations sur de possibles désertions.

Cette situation reflète une fragilisation inquiétante de l'unité au sein de l'armée nigérienne, qui doit déjà faire face à la lutte contre les groupes jihadistes sur le terrain.

Une armée sous pression sur tous les fronts

La junte dirigée par le général Abdourahamane Tiani se trouve désormais confrontée à un double défi. D'un côté, les forces armées doivent poursuivre leurs opérations contre le JNIM et l'État islamique au Sahel, qui multiplient les attaques dans les régions de Tillabéri et de Diffa.

De l'autre, le pouvoir doit désormais composer avec les fragilités internes à l'institution militaire, mises en lumière par cette tentative de mutinerie. Les arrestations massives et la suspicion qui pèsent sur certaines unités risquent de peser sur l'efficacité opérationnelle des troupes engagées sur le terrain.

Un contexte de tensions politiques et sécuritaires

Ces événements interviennent dans un climat de fortes tensions politiques, marqué par une rupture avec la France et un rapprochement stratégique avec la Russie. La tentative de mutinerie a également conduit le gouvernement nigérien à accuser officiellement Paris de vouloir déstabiliser le pays, une accusation rejetée par la France. Les autorités nigériennes n'ont pas communiqué de bilan officiel des arrestations, ni précisé la nature exacte des charges retenues contre les militaires interpellés.

Alors que le Niger est confronté à une insécurité persistante, les turbulences internes au sein de l'armée menacent de fragiliser davantage un pouvoir déjà sous pression.

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