En Afrique du Sud, les militants du mouvement #MarchandMarch ont une nouvelle fois pris pour cible des étrangers. Jeudi, des groupes ont attaqué des personnes installées depuis trois mois devant le centre de réfugiés de Durban, une nouvelle escalade de violence xénophobe qui ravive les tensions dans le pays.
Une attaque contre des demandeurs d'asile
Selon des témoins, les militants se sont rendus devant le centre de réfugiés de Durban, où des dizaines de demandeurs d'asile campaient depuis plusieurs mois en attente du traitement de leurs dossiers, et ont violemment pris à partie ces personnes. Certaines ont été rouées de coups, d'autres ont vu leurs tentes et leurs effets personnels détruits.
Les victimes, pour la plupart originaires d'autres pays africains, se sont vu intimer l'ordre de quitter les lieux. Ces attaques s'inscrivent dans une campagne de harcèlement systématique menée par #MarchandMarch, un mouvement qui dénonce la présence d'étrangers sur le sol sud-africain, jugée responsable des difficultés économiques du pays.
#MarchandMarch : un mouvement aux relents xénophobes
Né sur les réseaux sociaux, #MarchandMarch a pris une ampleur inquiétante ces dernières années en Afrique du Sud. Le mouvement, qui se présente comme un "réveil patriotique", est régulièrement accusé d'attiser la haine contre les étrangers et de justifier des actes de violence xénophobe.
Les militants, souvent organisés, ciblent des commerces tenus par des étrangers, des lieux de résidence ou des centres d'accueil comme celui de Durban. Leur rhétorique, fondée sur des arguments économiques et sécuritaires, trouve un écho dans certaines franges de la population sud-africaine, frappée par un chômage endémique et des inégalités persistantes.
Des violences récurrentes contre les étrangers
Les violences xénophobes ne sont pas un phénomène nouveau en Afrique du Sud. Depuis plusieurs années, des vagues d'attaques ciblent des ressortissants d'autres pays africains, Nigérians, Congolais, Somaliens, Zimbabwéens, entre autres, accusés de "voler" les emplois et de "nuire" à l'économie locale.
En 2015 et 2019, des émeutes xénophobes avaient déjà fait plusieurs morts et conduit à des déplacements massifs de populations. Le gouvernement sud-africain, régulièrement critiqué pour sa passivité, condamne ces actes sans parvenir à endiguer le phénomène.
Une réponse insuffisante des autorités ?
Les attaques de Durban interviennent alors que le gouvernement sud-africain est sous pression pour protéger les étrangers sur son sol. Les autorités ont condamné ces violences, mais les associations dénoncent l'absence de mesures concrètes pour prévenir de nouveaux incidents.
"Ce n'est pas la première fois que nous voyons des attaques xénophobes. Le gouvernement doit agir pour punir les auteurs et protéger les victimes, la situation est urgente !", s'est exclamée une militante sur les réseaux sociaux.
L'Afrique du Sud, confrontée à une crise économique et sociale persistante, voit monter les tensions autour de la présence étrangère. Tant que les causes profondes de ces violences qui sont le chômage, les inégalités, l'absence de dialogue social ne seront pas traitées, la menace xénophobe continuera de peser sur le pays.