Jusqu'à présent, les États-Unis et l'Iran se rejetaient respectivement la responsabilité de cette frappe. Les conclusions de l'enquête préliminaire du Pentagone confirment cependant la responsabilité américaine.
Le 28 février dernier, au premier jour des frappes israélo-américaines, une école primaire pour filles située à Minab, au sud de l'Iran, a été bombardée. L'UNICEF a confirmé qu'au moins 168 personnes avaient été tuées dans le bombardement, en grande majorité des écolières âgées de sept à douze ans. Les autorités iraniennes dénombrent plus de 175 victimes.
Trump accusait l'Iran, puis a dû faire machine arrière
"À mon avis, d'après ce que j'ai vu, c'est l'Iran qui a fait ça", déclarait le président des États-Unis le 7 mars. Sans fournir de preuves, Donald Trump accusait l'Iran. Il ajoutait même : "Le Tomahawk est l'une des armes les plus puissantes que nous vendons. Elle est utilisée par d'autres pays, comme l'Iran, qui en possède plusieurs."
Un mensonge grossier : l'Iran ne possède pas de missiles Tomahawk et ne pourrait de toute façon pas s'en servir.
Le New York Times force l'enquête
À la suite de la diffusion d'images par le New York Times montrant un missile Tomahawk frappant les environs de l'école élémentaire Shajarah Tayyebeh en Iran, le Pentagone avait ouvert une enquête le 8 mars. L'analyse et la géolocalisation par Bellingcat d'une vidéo d'un bombardement par un missile Tomahawk proche de l'école semblent pointer la responsabilité des frappes vers les États-Unis, seuls belligérants à posséder ces missiles.
Le rapport d'enquête préliminaire, révélé par le journal américain ce mercredi, pointe la responsabilité des États-Unis dans la frappe ayant détruit l'école, pourtant jusqu'ici niée par son président.
Une erreur de ciblage
Selon le New York Times, une erreur de ciblage de l'armée américaine serait responsable du bombardement. "Les officiers du Commandement central américain ont créé les coordonnées de la cible pour la frappe en utilisant des données obsolètes fournies par l'agence du renseignement de la Défense", selon des personnes informées de l'enquête.
L'école était située à proximité d'une base navale des Gardiens de la Révolution, qui était la véritable cible. Mais des données obsolètes ont mené à ce massacre.
Réactions internationales
L'UNESCO a qualifié cet incident de "grave violation du droit international humanitaire". Malala Yousafzai, lauréate du prix Nobel de la paix, s'est dite "le cœur brisé et consternée" par le bombardement. "Le meurtre de civils, en particulier d'enfants, est inconcevable, et je le condamne sans équivoque", a-t-elle écrit.
Un livre pour enfants aux pages déchiquetées, un cartable maculé de sang, le corps sans vie d'une écolière en uniforme dans les gravats : ces images diffusées par les médias d'État iraniens ont choqué le monde entier.
168 petites filles parties à l'école un samedi matin. 168 petites filles qui ne sont jamais rentrées chez elles. Et pendant des jours, Trump a menti en accusant l'Iran. Une tragédie qui restera comme l'une des pages les plus sombres de cette guerre.