Serie A : Rocchi sous enquête pour fraude sportive, l'Inter au cœur d'un scandale sans précédent
Un terme qui n'avait plus été entendu depuis 2006
L'Italie du football est sous le choc. Le chef des désignations arbitrales en Serie A, Gianluca Rocchi, est mis en cause pour « fraude sportive » une qualification pénale qui n'avait plus été utilisée depuis le scandale du Calciopoli en 2006. C'est le procureur milanais Maurizio Ascione qui a ouvert l'enquête, portant sur quatre rencontres des saisons 2023/24 et 2024/25, dans lesquelles Rocchi aurait conditionné les désignations arbitrales pour favoriser l'Inter.
Un geste filmé, au cœur de l'affaire
Dans le dossier Udinese-Parme du 1er mars 2025, le scénario est précis et accablant : lors d'un débat interne sur une main supposée en surface, Rocchi serait intervenu directement en frappant plusieurs fois à la vitre du poste de vidéo-assistance. L'assistant VAR Paterna, qui ne souhaitait pas initialement déclencher une revue vidéo, aurait alors changé d'avis sous la pression. La séquence est filmée et se trouve au cœur de l'enquête.
Désignations d'arbitres manipulées en faveur de l'Inter
Rocchi est également accusé d'être intervenu avant Bologne-Inter d'avril 2025 après que la désignation de l'arbitre Daniele Doveri avait suscité l'ire des Nerazzurri. Rocchi aurait alors remplacé Doveri par Andrea Colombo pour ménager l'Inter. Doveri fut paradoxalement redirigé vers la demi-finale de Coupe d'Italie Inter-AC Milan un match également dans le viseur des enquêteurs.
Auto-suspendu, mis en examen, audition le 30 avril
Sous le choc des révélations, Rocchi a décidé de se suspendre lui-même de ses fonctions de responsable des désignations arbitrales. Le parquet de la FIGC a simultanément demandé en urgence les pièces du dossier au parquet de Milan, avant même que la demande officielle du procureur général du sport ne lui parvienne. Rocchi a réagi via un communiqué : « Je suis convaincu d'avoir toujours agi correctement et j'ai pleine confiance dans la justice. » Son audition est fixée au 30 avril.
L'Italie du football a déjà vécu Calciopoli en 2006. Elle croyait en être sortie. Vingt ans plus tard, le boss des arbitres filmé en train de frapper à la vitre du VAR pour influencer une décision, c'est un tremblement de terre. Et cette fois, c'est la justice civile qui mène la danse.