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Bref S.,
12 Aug 2026 à 12:21
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Une affaire qui soulève des questions bien plus larges que le seul cas d'une jeune soignante épuisée.

Les faits

Le 20 janvier 2026, le tribunal civil et administratif de Nouvelle-Galles du Sud a conclu que les agissements de Chimzuruoke Okembunachi en mars 2024 constituaient une faute professionnelle, entraînant l'annulation de son enregistrement infirmier. Âgée de 25 ans, elle avait commencé à travailler à Hardi Aged Care, un établissement de soins pour personnes âgées à Guildford, dans l'ouest de Sydney, en février 2024. À peine un mois plus tard, elle était suspendue avant de démissionner.

Entre le 13 et le 27 mars 2024, Okembunachi était la seule infirmière diplômée de nuit, responsable de la supervision de trois à quatre aides-soignants et d'environ 100 résidents âgés. À six reprises, elle s'est endormie en service, manquant à son devoir de surveillance. 

Les conséquences ont été concrètes et potentiellement graves. Sur trois de ces nuits, des patients n'ont pas reçu leurs doses de morphine prescrites. Un soir, une aide-soignante avait éteint les lumières de la salle de soins, Okembunachi les avait rallumées, puis les avait éteintes une minute plus tard pour continuer à dormir. Plus grave encore : lors d'un épisode, elle s'était allongée sur trois chaises dans l'obscurité et avait dormi pendant quatre heures et vingt-quatre minutes.

« J'aurais dû refuser ce poste »

Devant le tribunal, Okembunachi a reconnu les faits et exprimé ses remords : « Ces événements m'ont causé un stress considérable. En y repensant, je n'aurais pas dû postuler ni accepter ce poste. Travailler de nuit en semaine mettait la sécurité des patients en danger. » 

Elle a expliqué que ces incidents étaient liés au stress immense généré par le cumul des gardes de nuit et de ses études de médecine à l'Université de Western Sydney. Le tribunal a reconnu son attitude « remorseful and contrite », mais a estimé que la radiation était la seule sanction adaptée, ses actes ayant eu « le potentiel de mettre en danger la vie des patients ». Elle ne pourra pas demander une révision de sa situation avant neuf mois minimum.

Un système qui interroge

Cette affaire pointe un problème structurel rarement évoqué : celui du sous-effectif chronique dans les établissements de soins aux personnes âgées en Australie. Confier la surveillance de 100 résidents vulnérables à une seule infirmière diplômée, de surcroît en pleine nuit, relève d'une organisation qui place les soignants dans des situations intenables et les patients en danger. Si la faute individuelle est réelle et sanctionnée, la responsabilité des employeurs dans la mise en place de telles conditions de travail mérite d'être posée avec la même rigueur.

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