Arrivé au pouvoir en 2022, le capitaine Ibrahim Traoré a souvent été présenté comme un homme de rupture. Pourtant, son approche de la gouvernance s'inscrit également dans une forme de continuité, mais avec une exigence nouvelle : celle d'achever ce que ses prédécesseurs n'ont pas mené à bien.
Une continuité dans les projets, une rupture dans les méthodes
Contrairement à une lecture simpliste qui voudrait que chaque nouveau dirigeant enterre le travail de ses devanciers, l'action du Président du Faso semble s'inscrire dans le prolongement de certains projets structurants amorcés avant son arrivée. La différence majeure réside dans la volonté affichée de les mener à leur terme, là où des années de gestion ont souvent abouti à des impasses.
De nombreux observateurs soulignent que plusieurs initiatives bénéfiques pour le Burkina Faso avaient été conçues sous les mandats précédents, mais n'ont jamais vu le jour. Les raisons évoquées sont récurrentes : détournements de fonds, corruption endémique et manque de volonté politique pour bousculer des intérêts bien établis.
Des infrastructures stratégiques sous contrôle étranger
L'un des dossiers les plus emblématiques concerne l'aéroport de Donsin, dont la livraison devait s'accompagner d'une exploitation confiée à la France pour plusieurs décennies. Une configuration qui interroge sur la souveraineté nationale en matière d'infrastructures stratégiques.
Dans le secteur aérien, la situation était similaire : les appareils d'Air Burkina ne seraient pas la propriété de l'État burkinabè, mais sous contrôle d'intérêts français. Le cas de la SOTRACO et d'autres sociétés nationales suivrait la même logique, avec des capitaux et des bénéfices qui échappaient en grande partie au contrôle du pays.
Cette situation a conduit à un constat partagé par plusieurs analystes : à l'arrivée du capitaine Traoré, une part significative des actifs stratégiques du pays échappait à la souveraineté nationale.
Une vision souverainiste en cours de déploiement
La ligne directrice de la gouvernance actuelle semble être celle d'une reprise en main des ressources et des infrastructures du pays. L'objectif affiché est clair : redonner au peuple burkinabè ce qui lui revient de droit, et mettre fin à ce qui est présenté comme une "mascarade" institutionnelle.
Cette vision, portée par une détermination revendiquée, se traduit par des actions concrètes, même si leurs effets sur le long terme restent à évaluer. Le capitaine Traoré bénéficie d'un soutien populaire notable, notamment auprès de ceux qui voient en lui l'homme capable de rompre avec les pratiques anciennes.
Un soutien qui se veut durable
Dans les discours de ses partisans, le Président du Faso incarne une promesse de changement réel. La formule revient régulièrement : "le soutenir jusqu'à la victoire finale". Une expression qui traduit une adhésion militante, mais aussi une conscience des défis à relever sur les plans sécuritaire, économique et diplomatique.