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Bref S.,
27 Jul 2026 à 09:06
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Au Cameroun, la guerre du pétrole a un visage féminin. Deux femmes qui se tutoyaient, s'échangeaient des confidences et semblaient inséparables aux yeux du sérail yaoundéen sont aujourd'hui en guerre ouverte. D'un côté, Chantal Biya, première dame du Cameroun depuis trente ans. De l'autre, Nathalie Moudiki, numéro deux de la Société nationale des hydrocarbures, la veine jugulaire économique du pays. La raison de cette rupture : le contrôle du géant pétrolier qui gère l'intégralité du brut exporté par le Cameroun.

La Première dame veut placer son fils Franck Hertz à la tête de la SNH. Mais Nathalie Moudiki, épouse d'Adolphe Moudiki, directeur général de la structure depuis plus de trente ans, désormais âgé de 87 ans et absent de toute apparition publique depuis près de trois ans en raison de son état de santé refuse de céder son trône. Chantal Biya a demandé à Ferdinand Ngoh Ngoh, le puissant secrétaire général de la présidence, de préparer un décret nommant Franck Hertz à la direction de la SNH. Paul Biya a refusé de signer ce texte. Un coup de frein humiliant pour la Première dame. Un compromis a été trouvé en 2025, Franck Hertz intègre les conseils d'administration de filiales Tradex en Guinée équatoriale et en RDC mais ce n'est qu'une concession temporaire.

Le 14 juillet 2026, lors de l'inauguration d'une salle de sport à la SNH, Nathalie Moudiki a haussé le ton devant les salariés : "Si quelqu'un ose encore insulter le Président de la République ou le ministre Adolphe Moudiki, les sanctions vont tomber." La menace vise clairement le camp Biya. Derrière la succession à la tête de la SNH, c'est le contrôle des ressources stratégiques du Cameroun qui se joue, dans la perspective d'un après-Biya de plus en plus imminent. Paul Biya, 93 ans, étant hospitalisé dans une clinique genevoise depuis plus de 41 jours. Chantal Biya militerait également pour que Franck Hertz puisse accéder à terme au poste de vice-président, récemment réinstauré dans la Constitution. D'autres sources estiment que Paul Biya privilégierait son fils Franck Emmanuel Biya.

"La SNH de 2026 ressemble de moins en moins à une entreprise publique moderne et de plus en plus à une entreprise familiale, avec tous les risques que cela comporte", alertait un analyste dès février 2026. Derrière les intrigues du palais, c'est le destin d'une nation pétrolière sans contre-pouvoir qui se dessine.

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