Le Niger retient son souffle. Des coups de feu ont éclaté ce jeudi matin à l'entrée de l'aéroport international de Niamey, plusieurs mois après l'attaque jihadiste de grande ampleur perpétrée dans ce même complexe en janvier dernier. Les habitants du quartier sont les premiers témoins de cette nouvelle scène d'angoisse.
"J'ai entendu les premiers coups de feu à 6h, les tirs proviennent de la grande porte d'entrée de l'aéroport", a rapporté un riverain à l'AFP, précisant que les échanges se poursuivaient encore vers 8h. Un autre habitant a confirmé que les tirs provenaient bien de l'entrée principale du complexe aéroportuaire. La zone a immédiatement été bouclée par les forces de sécurité, une source sécuritaire évoquant la possibilité que l'aéroport soit de nouveau directement visé.
Le traumatisme de janvier est encore vif. Fin janvier, l'aéroport et la base militaire attenante avaient déjà été pris pour cible pendant plusieurs heures par une attaque revendiquée par le groupe État islamique, repoussée par l'armée nigérienne et ses partenaires russes, faisant quatre blessés et de nombreux dégâts matériels. Le général Tiani avait alors évoqué "une faille dans le dispositif" ayant permis l'attaque, dont l'objectif était de détruire les capacités aériennes de l'armée. Depuis, le régime avait renforcé sa sécurité : mur de clôture rallongé et plus de 350 caméras installées à l'intérieur et à l'extérieur de l'enceinte.
Depuis le début des années 2010, le Niger fait face à une insécurité grandissante liée aux groupes jihadistes du Sahel le JNIM affilié à Al-Qaida et l'État islamique au Sahel. L'attaque de janvier était déjà inédite : Niamey, la capitale, rarement directement visée. Ce jeudi, l'histoire semble vouloir se répéter.