La ville d'Uvira, dans le Sud-Kivu à l'est de la République Démocratique du Congo, est au coeur d'une découverte macabre. Le gouverneur de la province, Jean-Jacques Purusi, a officiellement confirmé le 2 avril 2026 l'existence de fosses communes contenant au moins 210 corps. Cette annonce intervient seulement trois jours après le retour des autorités congolaises dans la ville, abandonnée plus d'un mois durant sous l'occupation des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda. Ce que les forces rebelles ont laissé derrière elles dépasse le simple bilan militaire : c'est un tableau de désolation et de mort qui commence à peine à se dévoiler.
L'organisation internationale Human Rights Watch, dont des enquêteurs se sont rendus sur place en mars 2026, a publié un rapport accablant le même jour que l'annonce du gouverneur. Selon ce document, les combattants du M23 et des éléments de l'armée rwandaise sont entrés dans Uvira le 10 décembre 2025. Ils ont ensuite mené des fouilles systématiques, ciblant hommes et garçons accusés d'appartenir aux milices pro-gouvernementales appelées Wazalendo. Des dizaines de civils ont été exécutés sommairement. D'autres ont été enlevés et restent portés disparus à ce jour. Le rapport parle d'une stratégie planifiée, pas d'actes isolés.
Cette découverte relance avec une force nouvelle le débat sur la responsabilité du Rwanda dans le conflit congolais. Kigali continue de nier tout soutien direct au M23, mais les preuves documentées par les Nations Unies et les ONG internationales s'accumulent. Sur le plan financier, le gouverneur Purusi a également révélé que l'occupation a provoqué l'effondrement de 84% des recettes provinciales du Sud-Kivu, avec des dizaines de millions de dollars détournés chaque mois. La communauté internationale, accaparée par d'autres crises mondiales, peine à se mobiliser. Pendant ce temps, des millions de Congolais déplacés attendent une réponse qui tarde à venir. La question n'est plus de savoir si des crimes ont été commis. Elle est de savoir si quelqu'un sera un jour tenu responsable.