Le président rwandais Paul Kagame a franchi un cap dans la crise qui oppose son pays à la République Démocratique du Congo. Dans une interview exclusive accordée au magazine Jeune Afrique et publiée le 3 avril 2026, il a déclaré sans détour que le Rwanda refusait de lever ses "mesures défensives", que ce soit les troupes déployées en RDC ou tout autre dispositif militaire. Une position qui contredit frontalement les engagements pris dans le cadre des accords de désescalade négociés sous pression internationale. Kigali choisit donc l'affrontement diplomatique assumé plutôt que le retrait.
Cette sortie médiatique de Kagame intervient dans un contexte particulièrement tendu. Les États-Unis ont sanctionné en mars 2026 l'armée rwandaise et plusieurs de ses hauts responsables, estimant que le soutien de Kigali au M23 constitue une violation directe des accords de Washington signés en 2025. Malgré cette pression, le président rwandais a non seulement maintenu sa position, mais il a également tenté de déplacer la responsabilité du conflit vers l'ancien président congolais Joseph Kabila, niant tout lien direct entre son pays et la rébellion. Une stratégie que les observateurs analysent comme une tentative de brouiller les pistes sur la scène diplomatique internationale.
L'isolement du Rwanda sur la scène régionale se confirme. L'Ouganda a publiquement condamné les crimes de guerre commis par le M23 avec le soutien de Kigali. Le Burundi maintient sa frontière fermée avec la RDC en raison de la présence des forces rwandaises et rebelles dans la zone. Les négociations de Doha, censées déboucher sur un accord de paix global, sont dans l'impasse. Pendant ce temps, l'est de la RDC continue de saigner : plusieurs millions de déplacés, des ressources naturelles pillées, et un processus de paix qui s'effondre en direct. La déclaration de Kagame envoie un message clair : le Rwanda ne partira pas sans y être contraint par la force ou par une pression internationale bien plus sévère que ce qui existe aujourd'hui.