Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a déclaré qu'il mettrait fin aux paris sportifs dans le pays. Il a également déclaré que les clubs de football devraient apprendre à « vivre sans blanchiment d'argent » et à cesser de dépendre de ces financements. Ces déclarations ont été faites le 23 septembre à Rio de Janeiro, lors d'un événement de campagne.
Une décision annoncée malgré la résistance des clubs
Lula a été direct dans son annonce : « Nous allons mettre fin aux bets, et les clubs doivent apprendre à devenir des entreprises. Ce n'est pas une guerre, c'est une décision » .
Le président a précisé sa pensée sur le financement des clubs : « Les clubs doivent apprendre à vivre sans blanchiment d'argent. C'est comme ça que ça va se passer. Et ce sera bon pour la jeunesse » .
Lula fustige la dépendance financière des clubs
Le président a répondu directement aux dirigeants de clubs qui avaient signé un manifeste contre la mesure, affirmant que la fin des paris entraînerait la fin du football brésilien.
« J'ai vu une nouvelle très triste. Les clubs se sont réunis et ont rédigé un document pour me dire que si je mets fin aux bets, je mets fin au football », a-t-il déclaré .
Pour appuyer son argument, Lula a rappelé les succès historiques du football brésilien, obtenus bien avant l'arrivée des paris sportifs : « Je me souviens que le Santos de Dorval, Mengálvio, Coutinho, Pelé et Pepe a remporté deux titres mondiaux et n'avait pas de bet. Le Flamengo en 81, le Corinthians, l'Internacional, le São Paulo trois fois champion. En 58, 62, 70, 94 et 2002, nous avons été champions du monde sans bet. Et le sport était bien meilleur qu'aujourd'hui » .
Une mesure aux motivations sociales et électorales
Lula justifie cette décision par la volonté de protéger les populations les plus modestes. Le président a dénoncé le fait que ce sont les plus pauvres qui souffrent le plus de cette dépendance.
« La bet n'offre aucun divertissement à personne. C'est l'argent des pauvres qui finance les clubs. C'est le pauvre qui joue, c'est le pauvre qui tombe malade, c'est le pauvre qui se tue » .
Il a également évoqué l'emprise des algorithmes sur la jeunesse : « Ma préoccupation, c'est qu'une partie de la jeunesse est aujourd'hui liée aux algorithmes. Et si nous ne menons pas ce combat, les algorithmes gagneront. C'est pourquoi je n'ai aucun problème à dire que j'aurai l'immense plaisir de mettre fin aux bets » .
Un calendrier législatif serré
Selon plusieurs sources, le gouvernement préparerait une mesure provisoire (MP) qui devrait être signée dans les prochains jours pour restreindre les paris sportifs . Cette annonce intervient à moins de deux semaines du premier tour de l'élection présidentielle, prévu le 4 octobre .
Le gouvernement doit encore trancher sur l'ampleur de la mesure. Deux options sont sur la table : une interdiction totale des paris en ligne, ou une restriction limitée aux casinos en ligne (comme le « Jogo do Tigrinho »), tout en maintenant les paris sportifs . Une autre possibilité consisterait à restreindre la publicité du secteur .
Les clubs de football s'opposent fermement à cette mesure. Dans un manifeste publié le 17 septembre, les équipes de Série A ont affirmé que les paris sportifs étaient devenus l'une des principales sources de revenus du football brésilien, et qu'une interdiction totale aurait des conséquences dévastatrices, en particulier pour les clubs de moindre envergure . Une enquête a révélé que 75 % des Brésiliens sont favorables à la prohibition des paris .