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Bref S.,
17 Aug 2026 à 16:14
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La pression monte encore d'un cran sur Gianni Infantino. L'organisation de défense des droits humains FairSquare vient de déposer une lettre formelle au Comité de gouvernance, d'audit et de conformité de la FIFA, exigeant que le président soit déclaré inéligible à l'élection présidentielle prévue le 18 mars 2027 à Rabat.

L'argument juridique : un troisième mandat qui ne dit pas son nom

Au cœur de la plainte, une question de principe : FairSquare considère qu'Infantino effectue déjà son troisième et dernier mandat, contrairement à l'interprétation retenue par la FIFA en 2022. L'enjeu est la période 2016-2019, lorsque Infantino avait succédé à Sepp Blatter en cours de mandat. Le Conseil de la FIFA avait alors décidé que cette période ne comptait pas comme un mandat présidentiel à part entière.

Dans une lettre envoyée le 13 août, FairSquare a formellement demandé au comité de réviser cette position : « Nous vous écrivons pour vous demander de déclarer M. Infantino inéligible à un nouveau mandat à la présidence de la FIFA, au motif qu'il exerce déjà son troisième et dernier mandat. Une décision antérieure de la Commission de gouvernance, d'audit et de conformité visant à ne pas prendre en compte son premier mandat enfreint clairement la lettre et l'esprit de la disposition statutaire de la FIFA relative à la limitation du nombre de mandats. » 

Un précédent dangereux pour la gouvernance mondiale

Nicholas McGeehan, directeur de FairSquare, a déclaré à Reuters : « La plainte que nous avons déposée fournit des preuves claires que c'est une violation flagrante des règles et qu'elle crée un précédent très dangereux. Les règles stipulent clairement que trois mandats présidentiels est le maximum autorisé. La FIFA ne peut pas simplement contourner cette règle qui sert de frein au pouvoir présidentiel — en disant que son premier mandat ne compte pas. » 

La lettre a été rédigée avec l'assistance de Miguel Maduro, ancien responsable du Comité indépendant de gouvernance et de révision de la FIFA : « Le principe des limites de mandats était un aspect fondamental de la réforme de 2016 visant à limiter le pouvoir. La règle introduite est claire : aucun président de la FIFA ne peut exercer plus de trois mandats. Essayer de prévoir une exception à cette règle pour M. Infantino révèle à la fois une résistance au principe des limites de mandats et la façon dont certains à la FIFA conçoivent les règles non pas comme des contraintes, mais comme des outils. » 

Une opacité qui accroît les soupçons

FairSquare a également remis en cause la transparence de la décision de 2022, dont le raisonnement n'a jamais été rendu public : « Le fait qu'ils n'ont fourni aucun raisonnement pour étayer cette décision, et qu'ils ont annoncé la décision apparente deux jours avant la finale de la Coupe du Monde Qatar 2022, suggère qu'ils savaient très bien qu'il n'y avait aucune base pour ne pas comptabiliser le premier mandat d'Infantino. » 

FairSquare va encore plus loin dans son raisonnement : si le premier mandat peut ne pas être comptabilisé parce qu'il n'a pas duré quatre ans, rien n'empêcherait théoriquement un président de convoquer des élections anticipées pour raccourcir un mandat en cours et se représenter indéfiniment ouvrant la voie à une présidence à vie. 

La FIFA n'a pas encore réagi à cette demande. L'élection de Rabat promet d'être, plus que jamais, le rendez-vous le plus explosif de l'histoire du football mondial.

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