Pendant plusieurs jours, le football africain a offert un scénario devenu insupportable pour ses supporters. La Côte d'Ivoire a encaissé le but décisif contre la Norvège à la 86e minute. La République démocratique du Congo a subi le même sort face à l'Angleterre, également à la 86e minute. Enfin, le Sénégal, qui menait pourtant 2 à 0 contre la Belgique à cinq minutes de la fin du temps réglementaire, a complètement sombré en encaissant aux 86e et 89e minutes avant de s'incliner en prolongation. Une répétition troublante qui ne peut plus être réduite à la simple malchance.
Le problème semble bien plus profond. Depuis des années, les sélections africaines affichent un potentiel technique capable de rivaliser avec les meilleures nations, mais continuent de perdre des matchs qu'elles avaient pourtant en main. Manque de maîtrise émotionnelle, gestion tactique approximative, changements tardifs, incapacité à casser le rythme ou à conserver le ballon sous pression, les mêmes défauts reviennent inlassablement. À ce niveau de compétition, une rencontre ne dure pas 85 minutes mais jusqu'au coup de sifflet final. Les grandes nations savent fermer un match, les sélections africaines donnent encore trop souvent l'impression de subir les événements au lieu de les contrôler. Plusieurs analyses du tournoi soulignent d'ailleurs des difficultés récurrentes dans la gestion des dernières minutes et de l'intensité physique face aux grandes équipes.
Le constat est brutal mais nécessaire. L'Afrique ne manque ni de talents, ni de joueurs évoluant dans les plus grands clubs européens. Ce qui lui fait encore défaut, c'est une véritable culture de la victoire dans les grands rendez-vous. Tant que les équipes continueront à craquer mentalement dans les moments décisifs, le continent regardera les autres écrire l'histoire. Les exploits isolés ne suffisent plus. Il est temps que les sélections africaines apprennent enfin à tuer les matchs avant que leurs adversaires ne le fassent à leur place.