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Credit Photo : Getty Images
Afolabi B.,
26 Mar 2026 à 12:35
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Le football français vient peut-être de franchir une ligne rouge. Ce jeudi, la Ligue de football professionnel (LFP) a officialisé le report du choc entre Lens et le PSG, initialement prévu le 11 avril, au 13 mai. Une décision prise malgré l’opposition claire et assumée du club lensois, et justifiée par la volonté de permettre au PSG de mieux préparer son quart de finale de Ligue des champions face à Liverpool. 

Sur le papier, l’argument peut sembler défendable. Favoriser les performances des clubs français en Europe pour préserver le coefficient UEFA et garantir davantage de places en compétitions européennes. Mais dans les faits, cette décision révèle un déséquilibre de plus en plus flagrant. Lens, concurrent direct du PSG pour le titre, n’a jamais donné son accord. Pire, le club nordiste a dénoncé une Ligue 1 devenue une simple “variable d’ajustement” au service des ambitions européennes des plus puissants. 

Le problème dépasse largement ce match. Il touche à la crédibilité même du championnat. Comment parler d’équité sportive quand une équipe peut obtenir un report stratégique en pleine course au titre, alors que son rival doit subir les conséquences du calendrier imposé ? Le règlement permet à la LFP de trancher seule, mais la question n’est plus juridique, elle est morale. 

Car ce n’est pas une première. Le PSG avait déjà bénéficié d’un report cette saison pour des raisons similaires. Pendant ce temps, d’autres clubs européens, dans des championnats concurrents, doivent composer avec des calendriers tout aussi chargés sans obtenir de traitement particulier. Cette différence de gestion alimente un sentiment d’injustice profond et renforce l’idée d’un championnat à deux vitesses. 

En réalité, la décision de la LFP envoie un message clair, et il est inquiétant. En France, la priorité ne semble plus être l’intégrité du championnat, mais la protection des intérêts d’un club dominant. Le fait que cette décision ait été validée à l’unanimité, malgré la polémique, ne fait qu’accentuer le malaise. 

Au-delà du cas Lens-PSG, c’est toute la gouvernance du football français qui est remise en question. Peut-on encore parler de compétition équitable lorsque les règles semblent s’adapter aux contraintes d’un seul acteur ? Peut-on demander aux supporters de croire en un championnat dont le calendrier lui-même devient modulable selon les enjeux européens ?


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