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Bref S.,
28 Sep 2026 à 11:39

Le journaliste Romain Molina a publié de nouvelles révélations sur les coulisses des relations entre Manchester City et l'UEFA. Selon ses informations, Nicolas Sarkozy apparaît dans les réseaux politiques et d'influence qui gravitaient autour du dossier du club anglais, alors détenu par des intérêts émiratis. L'affaire remonte à 2014, quand Manchester City risquait de lourdes sanctions pour ses infractions au fair-play financier.

2014 : l'accord secret qui a évité le pire à City

En mai 2014, Manchester City est sanctionné par l'UEFA pour violation du fair-play financier : 60 millions d'euros d'amende (dont 40 millions avec sursis) et une restriction de la liste de joueurs pour la Ligue des champions, réduite de 25 à 21 éléments. En apparence, un accord de règlement classique.

Mais selon les documents révélés par Football Leaks, la négociation n'a rien eu de transparent. Le secrétaire général de l'UEFA de l'époque, Gianni Infantino, a contourné l'instance indépendante censée contrôler les finances des clubs (la CFCB) pour négocier directement avec les dirigeants de Manchester City.

Le directeur général de City, Ferran Soriano, a écrit dans un courriel interne que lui et Infantino s'étaient mis d'accord sur la manière de présenter l'accord : « Nous avons convenu avec Gianni de la façon de le justifier auprès des avocats, c'est-à-dire négocier un accord plus sévère qu'un avertissement, qui peut être considéré comme efficace/dissuasif, mais qui ne limite pas fondamentalement l'activité de Manchester City. »

Interrogé plus tard par l'Associated Press, Infantino s'est défendu : « Mon travail est de parler aux gens. Sinon, on ne fait rien. » Il a ajouté : « Nous voulions garder ces clubs dans la Ligue des champions, pas les exclure. »

Pourquoi Nicolas Sarkozy est mentionné

Le nom de Nicolas Sarkozy apparaît dans les échanges de courriels entre Infantino et le président de Manchester City, Khaldoon Al Mubarak. Selon plusieurs médias, dont le média d'investigation français Mediapart, ces courriels étaient en copie à Sarkozy. Mediapart affirme que l'ancien président français « aurait aidé les propriétaires d'Abou Dhabi de Manchester City à contourner les règles du fair-play financier».

L'entourage de Nicolas Sarkozy a démenti : « En tant qu'avocat, il n'a fourni aucun conseil aux personnes qu'il mentionne. » Aucune preuve publique ne démontre à ce stade une implication directe de Sarkozy dans la négociation de l'accord de 2014. Mais sa présence dans ce réseau d'influence, qui mêle politique, finance et football, constitue en soi un signal notable.

La stratégie de pression de Manchester City

Les documents divulgués révèlent également que Manchester City n'a pas seulement négocié. Le club a exercé une pression considérable sur l'UEFA. Dans un courriel interne, l'avocat de City, Simon Cliff, cite Khaldoon Al Mubarak : il préférait « dépenser 30 millions pour engager les 50 meilleurs avocats du monde et les poursuivre pendant 10 ans » plutôt que de se soumettre, afin d'« éviter que leurs règles et leur organisation soient détruites ».

Cliff écrit que l'UEFA « ne répond à rien d'autre qu'à l'agression », et qu'un procès contre l'auditeur PwC « pourrait détruire l'organisation en quelques semaines ». Le jour où Manchester City a signé l'accord de règlement en mai 2014, l'enquêteur en chef de l'UEFA, l'ancien Premier ministre belge, est décédé. Apprenant la nouvelle, Cliff aurait confié à un collègue : « Un de moins, il en reste six. »

Les suites de l'affaire

L'accord de 2014 n'a pas mis fin aux démêlés de Manchester City avec l'UEFA. En 2020, l'instance européenne a de nouveau sanctionné le club pour violations graves du fair-play financier : deux ans d'exclusion des compétitions européennes et 30 millions d'euros d'amende. Manchester City a fait appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui a annulé l'exclusion et réduit l'amende à 10 millions d'euros.

Gianni Infantino, de son côté, a été élu président de la FIFA en 2016. Les détails de ces négociations secrètes n'ont été révélés au public qu'en 2018, avec la publication des Football Leaks.

À ce stade, Nicolas Sarkozy n'a pas réagi publiquement aux nouvelles révélations de Romain Molina. Le cœur des accusations, Infantino contournant les instances de contrôle pour aider Manchester City et le Paris Saint-Germain a été largement documenté par plusieurs médias depuis 2018. Infantino a toujours nié toute irrégularité.

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