Le football réserve parfois des scénarios que même les plus grands scénaristes n'auraient pas osé écrire. Quarante-quatre ans après le traumatisme de Gijón, l'Algérie retrouve l'Autriche pour un dernier match de groupe aux allures de paradoxe total : en 1982, une entente tacite entre l'Allemagne et l'Autriche avait conduit à un résultat arrangé qui avait éliminé les Fennecs du Mondial espagnol. En 2026, l'ironie de l'histoire frappe à nouveau — mais cette fois, c'est tout le monde qui préférerait perdre.
L'Argentine ayant déjà validé sa première place, tout se joue entre l'Autriche et l'Algérie pour les deux places restantes. Et c'est là que le paradoxe s'installe : finir deuxième n'est pas forcément la meilleure affaire du groupe J. Selon le tableau actuel, le deuxième du groupe J devrait défier le vainqueur du groupe H dès les seizièmes de finale — un rôle que l'Espagne, largement en tête de son groupe, est quasi certaine d'occuper. Face à la Roja, personne ne se bouscule au portillon.
Les calculs sont clairs. L'Autriche, deuxième grâce à sa meilleure différence de buts, peut glisser à la troisième place en cas de défaite contre l'Algérie — et même avec un revers court, sa situation resterait probablement solide dans le classement des meilleurs troisièmes. Pour l'Algérie, un match nul suffirait à maintenir sa troisième place avec un probable affrontement contre le Canada ou la Suisse au tour suivant —bien plus abordable que l'Espagne. Une victoire, en revanche, propulserait les Fennecs à la deuxième place et droit dans les bras de la Roja.
Il ne s'agit évidemment pas d'imaginer un arrangement. Le football de sélection, surtout en Coupe du monde, ne se joue pas avec l'idée de perdre. Mais pour la première fois de l'histoire, le Mondial 2026 pourrait offrir au monde entier le spectacle surréaliste de deux équipes qui se battent... pour ne pas gagner. Gijón avait marqué l'histoire du football pour les mauvaises raisons. Ce match pourrait le faire pour des raisons encore plus absurdes.