Le Paraguay traverse une crise bancaire et politique majeure après l'effondrement d'Ueno Bank, la plus grande banque numérique du pays. Le président de la Banque centrale a démissionné et huit dirigeants de la banque ont été arrêtés, tandis que des milliers de Paraguayens réclament l'accès à leurs fonds.
L'effondrement d'Ueno Bank
Le 2 novembre 2026, la Banque centrale du Paraguay (BCP) a ordonné la « résolution » d'Ueno Bank, entraînant la fermeture de toutes ses agences et le gel des opérations numériques, des retraits et des virements. La décision fait suite à la découverte d'une insuffisance de capital : le ratio de solvabilité de la banque serait tombé sous la moitié du minimum requis.
Ueno Bank revendiquait 3 millions de clients, soit environ 60 % de la population adulte du Paraguay, et gérait plus de 800 millions de dollars de fonds publics, dont environ 380 millions de dollars provenant du fonds de pension public (IPS).
Démission et arrestations
Le président de la Banque centrale, Carlos Carvallo, a démissionné le 3 novembre. Il avait lui-même dirigé Ueno Bank avant de prendre la tête du régulateur en 2023, une situation dénoncée comme un conflit d'intérêts.
La justice a ordonné la détention de huit dirigeants de la banque, dont son président Juan Manuel Gustale et son CEO Federico Miguel Vázquez . Le parquet a ouvert une enquête pour « abus de confiance » et autres infractions financières.
La colère populaire
Des centaines de Paraguayens sont descendus dans les rues d'Asunción pour exiger le retour de leur argent. Des files interminables se sont formées devant les agences fermées. Certains manifestants réclament la destitution du président Santiago Peña, accusé de liens passés avec le groupe contrôlant Ueno Bank, il en était actionnaire jusqu'en 2025.
Ce que prévoit le gouvernement
Le BCP a annoncé un premier remboursement pouvant atteindre 10 millions de guaraniés (environ 1 675 dollars) par déposant . Le Fonds de garantie des dépôts couvre jusqu'à 75 salaires minimums par personne, soit environ 38 000 dollars.
Le président Peña a promis que la loi d'urgence permettrait de couvrir 98 % des épargnants et que les paiements débuteraient dans la semaine. Il a également annoncé la nomination de Raúl Vera Bogado à la tête de la Banque centrale.
Un cas isolé, selon les autorités
Le gouvernement et la Banque centrale insistent sur le fait qu'il s'agit d'un cas particulier, et non d'une crise systémique du secteur financier paraguayen. Les fonds communs de placement liés à Ueno Bank ont également vu leurs retraits suspendus temporairement.