Le chef de l'État camerounais totalise ce lundi 27 juillet 2026 exactement 50 jours d'absence du territoire national, égalant son précédent record de 2024. À 93 ans, Paul Biya n'est plus apparu publiquement depuis le 7 juin. L'opposition crie à la vacance du pouvoir, le gouvernement tente de rassurer.
Selon Jeune Afrique , il séjournerait à Genève, où il aurait été hospitalisé début juin suite à un malaise, une information démentie par le gouvernement, qui assure que le chef de l'État « regagnera le Cameroun dans les plus brefs délais ». Depuis, plus aucune apparition publique. Seuls quelques télégrammes protocolaires témoignent d'une activité distante.
L'opposition tire la sonnette d'alarme. Le SDF dénonce un « pilotage automatique », le MRC une gestion en « télétravail ». Un député a saisi le Conseil constitutionnel pour constater une vacance du pouvoir. Mais la Constitution camerounaise ne fixe aucune limite aux séjours présidentiels à l'étranger, et aucun vice-président n'a été nommé.
Au-delà du jeu politique, c'est tout un pays qui vit dans l'incertitude. Les réseaux sociaux camerounais s'embrasent régulièrement de fausses informations, de faux décrets annonçant le décès du président ou la nomination d'un successeur. Chaque rumeur est aussitôt démentie, mais le cycle se répète, alimentant une anxiété collective.
Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, est l'un des chefs d'État les plus anciens en exercice sur le continent africain. Sa succession est depuis longtemps un sujet tabou à Yaoundé. Cette absence record de 50 jours, sans perspective de retour annoncée, ne fait que raviver les interrogations sur l'« après-Biya » et sur la capacité des institutions camerounaises à survivre au départ de celui qui les a façonnées à son image depuis plus de quatre décennies.