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Bref S.,
13 Apr 2026 à 10:19
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Nigeria : une frappe aérienne de l'armée tue plus de 100 civils dans un marché de l'État de Yobe

Une bavure militaire d'une ampleur rare

La tragédie s'est produite samedi 11 avril dans la localité de Jilli, dans l'État de Yobe, au nord-est du Nigeria. Au moins 100 civils, dont des enfants, ont été tués après qu'une frappe aérienne de l'armée nigériane a touché un marché local, selon des témoins et Amnesty International. Des dizaines de blessés ont été transportés vers l'hôpital général de Geidam. Un chef local, Lawan Zanna Nur, a évoqué un bilan encore plus lourd d'environ 200 morts et blessés, précisant qu'il était difficile de donner un chiffre précis. 

L'armée visait l'ISWAP, a frappé des civils

Dans un communiqué publié dimanche, l'armée nigériane a indiqué avoir mené une frappe à Jilli, décrivant cette zone comme un important corridor de déplacement terroriste et un point de convergence pour les combattants de l'ISWAP. Selon elle, plusieurs rapports avaient signalé le 11 avril des déplacements de pick-up armés et de motos de l'ISWAP le long de cet axe.  Mais selon des sources locales, trois avions militaires auraient bombardé la foule d'un marché très fréquenté, qui attire des commerçants venant de plusieurs États voisins.

Amnesty dénonce, l'armée ouvre une enquête

La réaction d'Amnesty International est sans appel. L'ONG condamne le raid, qualifiant le recours aux frappes aériennes dans ces conditions d'illégal et de scandaleux, dénonçant le mépris de l'armée nigériane pour la vie de ceux qu'elle est censée protéger, et appelant à une enquête impartiale. Face à la pression, le chef d'état-major de l'armée de l'air a ordonné l'activation immédiate d'une cellule d'enquête sur les dommages civils, chargée de se rendre sans délai sur les lieux pour vérifier les accusations. 

Un nord-est en crise profonde

Cette bavure s'inscrit dans un contexte sécuritaire alarmant. En dix jours, plus de 100 personnes ont été tuées dans le nord du pays par des jihadistes et des bandes criminelles qui ont intensifié leurs raids depuis l'an dernier.  L'insurrection jihadiste a fait plus de 40 000 morts et déplacé environ deux millions de personnes dans le nord-est du Nigeria depuis 2009 et les frappes aériennes sur des civils sont malheureusement devenues un triste pattern, les enquêtes n'aboutissant généralement à aucun résultat concret. 

L'armée nigériane combat des terroristes invisibles  et tue des civils visibles. Ce drame de Jilli n'est pas un accident isolé, c'est le symptôme d'une guerre où les populations civiles paient le prix le plus lourd. 


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