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Credit Photo : Getty Images
Afolabi B.,
26 May 2026 à 11:32
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Ousmane Sonko occupe désormais une nouvelle position clé dans l’architecture politique du Sénégal. Après avoir été Premier ministre depuis 2024 dans le gouvernement issu de l’élection du président Bassirou Diomaye Faye, il a été brusquement écarté de la primature en mai 2026, dans un contexte de fortes tensions politiques et économiques au sommet de l’État.

Cette décision du président Faye s’inscrit dans une crise plus large marquée par des désaccords profonds sur la gestion du pays, notamment sur la dette publique, les négociations avec le FMI et la stratégie économique globale. Peu après son départ du gouvernement, Sonko a toutefois été repositionné au centre du jeu institutionnel : il a été élu Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, avec un soutien majoritaire des députés de la coalition au pouvoir dominée par PASTEF.

Ce choix politique n’est pas anodin. L’Assemblée nationale représente un levier majeur de pouvoir, notamment dans un système où le Parlement vote les lois, contrôle l’action du gouvernement et peut influencer directement les grandes orientations de l’État. En accédant à cette fonction, Sonko conserve une capacité d’action institutionnelle forte malgré son départ de l’exécutif.

Sur le plan politique, cette transition illustre une réalité plus complexe : loin d’un affaiblissement, Sonko opère un repositionnement stratégique. D’un côté, il n’est plus à la tête du gouvernement ; de l’autre, il devient le principal acteur du pouvoir législatif, dans un contexte où son parti reste dominant à l’Assemblée.

Cette évolution intervient alors que les tensions entre lui et le président Bassirou Diomaye Faye se sont accentuées. Les divergences portent notamment sur la gestion économique du pays, la relation avec les institutions financières internationales et la vitesse des réformes. Le Sénégal entre ainsi dans une phase de cohabitation politique complexe, où deux figures issues du même camp initial se retrouvent désormais dans une forme de rivalité institutionnelle.

Dans cette nouvelle configuration, Ousmane Sonko reste donc un acteur central du système politique sénégalais. Son passage de la primature à la présidence de l’Assemblée nationale confirme une chose : il n’a pas quitté le pouvoir, il en a simplement changé le centre de gravité.

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