Chaque année, trois millions de jeunes filles risquent de subir une excision. Fatoumata en fait partie. Cette Lyonnaise d'origine sénégalaise porte en elle les cicatrices d'une tradition ancestrale devenue plaie moderne. À travers son témoignage poignant, elle dévoile une réalité invisible : celle de 230 millions de femmes et jeunes filles menant un combat quotidien contre les séquelles physiques et psychologiques. Son histoire résonne particulièrement dans la diaspora africaine, où beaucoup grandissent en silence avec ce poids.
Une douleur qu'on ne peut pas oublier
"J'ai senti une douleur indescriptible." Ces mots simples masquent un trauma profond. Fatoumata décrit non seulement la souffrance de l'acte, mais aussi ses conséquences : infections répétées, complications lors de l'accouchement, et surtout, le silence qui l'entoure. En France, nombreuses sont les femmes africaines qui portent ce secret, craignant le jugement ou la stigmatisation. Cette pratique, souvent justifiée par des coutumes ou des croyances religieuses, persiste même dans les villes européennes, pratiqée discrètement lors de voyages au pays ou à travers des réseaux clandestins.
Un combat qui traverse les continents
Aujourd'hui, Fatoumata se bat pour briser ce cycle. Elle parle, sensibilise, et s'oppose à une pratique enracinée dans au moins 31 pays africains. Son engagement rassemble une diaspora souvent divisée : certains défendant la tradition, d'autres réclamant son abolition. Elle offre à ces femmes une voix, une chance de guérison et une perspective nouvelle. Son combat n'est pas un jugement culturel, mais une affirmation claire : aucune tradition ne vaut la souffrance d'une enfant, et les femmes africaines méritent d'être entières.