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Bref S.,
04 Jun 2026 à 10:25
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L'Afrique du Sud sous le choc de sa propre violence. Des centaines de ressortissants étrangers, disant craindre pour leur vie, se sont réfugiés dans des salles communales sur la côte sud du pays après avoir été chassés de chez eux lors d'une nouvelle vague de manifestations xénophobes virulentes. Des scènes d'une brutalité sidérante, filmées et relayées partout sur les réseaux sociaux.

Les témoignages glacent le sang. Des groupes d'habitants ont fait du porte-à-porte pour ordonner aux étrangers de quitter le pays. "Ils m'ont dit : tu es un étranger, tu n'as rien à faire en Afrique du Sud, va-t-en", raconte Thomas Vincent Baloyi, ressortissant mozambicain, à l'AFP, depuis Gansbaai, à 110 kilomètres au sud-est du Cap. Le bilan humain est lourd : à Mossel Bay, plus de 50 habitations ont été incendiées, et le gouvernement mozambicain recense cinq morts en lien direct avec des agressions xénophobes.

Le terreau de cette haine est ancien. Dans ce pays encore marqué par les séquelles de l'apartheid, les migrants sont accusés de voler les emplois des Sud-africains et d'alimenter la criminalité des accusations qui servent de prétexte à des groupes organisés pour passer aux actes. Derrière la mobilisation, le mouvement "March and March", né à Durban en 2025, qui appelle à l'expulsion des migrants illégaux et refuse toute qualification de xénophobe, affirmant cibler uniquement les étrangers "en situation irrégulière". 

Face à la crise, le gouvernement sud-africain a tenu une réunion d'urgence et promis de renforcer son action contre l'immigration clandestine tout en rejetant les accusations de xénophobie. Le Ghana prépare le rapatriement de ses ressortissants. L'Afrique se regarde faire, horrifiée.

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