Jennifer Pan, la jeune femme canadienne qui avait orchestré l'assassinat de ses parents pour protéger le mensonge de sa fausse vie universitaire, a plaidé coupable d'homicide involontaire en mars 2026 pour la mort de sa mère. Elle a été condamnée à la prison à vie, mais est désormais admissible à une demande de libération conditionnelle. Sa condamnation pour tentative de meurtre sur son père reste valable.
Une double vie bâtie sur des mensonges
Pendant des années, Jennifer Pan a fait croire à ses parents, immigrés d'origine vietnamienne établis à Markham, en Ontario, qu'elle étudiait à l'université de Toronto. En réalité, elle avait abandonné le lycée et falsifiait ses relevés de notes. Lorsque ses parents ont découvert la vérité, ils l'ont placée sous une forme de quasi-résidence surveillée et lui ont posé un ultimatum concernant sa relation avec son petit ami de l'époque, Daniel Wong.
Le guet-apens du 8 novembre 2010
Alors que la relation avec son père se détériorait, Jennifer Pan a contacté son ex-petit ami Daniel Wong pour organiser un meurtre . Wong l'a mise en contact avec Lenford Crawford, qui a recruté Eric Carty et David Mylvaganam.
Le soir du 8 novembre 2010, trois hommes armés ont pénétré au domicile familial de Markham. Ils ont mené les parents au sous-sol, leur ont ordonné de s'asseoir et de se couvrir la tête avec des couvertures, puis leur ont tiré dessus. Jennifer Pan, elle, avait été attachée à une rampe d'escalier avec un lacet, se faisant passer pour une victime.
Sa mère, Bich Ha Pan, 53 ans, est morte de trois balles, dont une à bout portant à la tête. Son père, Hann Pan, 60 ans, a survécu malgré une balle dans l'œil et à l'épaule.
Un long parcours judiciaire
En 2015, un jury a reconnu Jennifer Pan coupable de meurtre au premier degré et de tentative de meurtre . Ses trois coaccusés ont été condamnés pour les mêmes chefs d'accusation.
Cependant, en 2023, la Cour d'appel de l'Ontario a annulé les condamnations pour meurtre au premier degré, estimant que le juge du procès avait commis une erreur en ne présentant pas au jury les verdicts possibles de meurtre au deuxième degré et d'homicide involontaire concernant la mort de la mère . La Cour suprême du Canada a confirmé cette décision en avril 2025, ordonnant de nouveaux procès pour meurtre au premier degré, tout en maintenant les condamnations pour tentative de meurtre.
Les aveux de 2026
Le 18 mars 2026, Jennifer Pan, aujourd'hui âgée de 40 ans, a plaidé coupable d'homicide involontaire pour la mort de sa mère. Selon l'exposé conjoint des faits, elle n'avait pas l'intention de tuer sa mère, mais elle savait ou aurait dû savoir que celle-ci pourrait se trouver à la maison au moment de l'exécution du plan visant son père.
« Je suis honteuse de ce que j'ai fait », a-t-elle déclaré à la cour, en larmes, ajoutant à l'intention de sa mère : « Je t'aime plus que tout. Je suis désolée de ne pas être venue te parler ».
La juge Michelle Fuerst a qualifié les circonstances de l'infraction de « particulièrement aggravantes », relevant que l'initiation par Mme Pan d'un contrat d'assassinat contre son père était « odieuse, quelle qu'en soit la justification».
Elle a été condamnée à la prison à vie, peine qui s'ajoute à celle qu'elle purge déjà pour la tentative de meurtre sur son père. Ayant déjà passé plus de quinze ans derrière les barreaux depuis son arrestation, elle est désormais immédiatement admissible à une demande de libération conditionnelle . On ignore pour l'instant si elle a déposé une telle demande.
Cette affaire, qui a captivé l'attention internationale, a fait l'objet d'un documentaire Netflix en 2024 intitulé What Jennifer Did.