Le 2 novembre 2022, le gouvernement éthiopien et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) signaient à Pretoria, en Afrique du Sud, un accord de cessation des hostilités destiné à mettre fin à deux années de guerre dans le nord de l'Éthiopie. Négocié sous l'égide de l'Union africaine, le texte prévoyait notamment l'arrêt des combats, le désarmement des forces tigréennes, la reprise de l'aide humanitaire et le rétablissement des services publics dans la région. Cet accord avait ouvert la voie à une nouvelle phase dans le conflit qui avait profondément affecté le Tigré.
Quatre ans après sa signature, l'application de cet accord reste toutefois confrontée à d'importantes difficultés. Un rapport publié en février 2026 par le Pan African Agenda Institute relève des retards et des blocages dans plusieurs engagements pris par les parties. Les questions liées au désarmement, au retour des personnes déplacées, au rétablissement de l'administration et au règlement des différends politiques restent notamment sensibles. Les tensions entre l'Éthiopie et l'Érythrée ont également ravivé les inquiétudes sur la stabilité de la région.
À l'occasion de ce quatrième anniversaire, l'enjeu n'est donc plus seulement de rappeler la signature de l'accord, mais d'évaluer les engagements effectivement tenus et ceux qui restent en suspens. La cessation des combats entre les principales parties a constitué une étape importante, mais elle n'a pas réglé l'ensemble des tensions politiques et territoriales. La consolidation de la paix au Tigré dépendra notamment de la reprise du dialogue et de la mise en œuvre des dispositions encore inachevées de l'accord.